Mémoires de blog (1)

N’ayant plus d’intenses activités dans le monde du vin, à l’exception de notre événement annuel à Villa d’Este en novembre, et pratiquant de plus en plus la sage parole de Pierre Lurton, à savoir que la définition d’un grand vin est simplissime : « celui que vous aimez », en remerciant ici les quelques lecteurs qui viennent régulièrement aux nouvelles, qu’il me soit permis de remettre en ligne des billets publiés au début du siècle.

Voici un billet mis en ligne en 2009 dont l’écriture ne méritera jamais d’être un sujet de dictée dans les écoles de la République :

Mercredi 29 Juillet 2009

Notre illustrissime docteur est particulièrement connu pour avoir un sens très large de l’orientation. Le compte-rendu de Franzele sur sa recherche de l’aéroport de Los Angeles au retour de la session du GJE à Las Vegas, restera dans toutes les mémoires. Angoisse et frayeur étaient au rendez-vous. Notre ami alsacien, point totalement libéré de cette aventure qui l’a marqué au plus profond de son cortex, en a encore des sueurs froides.

On peut résumer simplement : ou quand le chauffeur confond 1 kilomètre avec 100 kilomètres.

Donc, ce que nous ne savions pas, c’est que le bon docteur a des émules suédois de grande qualité. Leur exploit est repris en dernière page de l’Herald Tribune du jour.

Explications :

Confiants comme pas deux dans les merveilles de la technique moderne, ce couple de suédois, dignes représentants bonobiens de ce royaume du nord, décident, après un tour à Venise, d’aller visiter la célébrissime grotte bleue à Capri. Ma foi, pourquoi pas ?

Derechef, les voilà dans leur voiture et, avec les doigts idoines, introduisent dans le GPS qui fait le bonheur également des pieds nickelés (le grand défi que se pose notre porschiste italien est d’arriver au stade critique où cet ordinateur de logistique ne peut aller aussi vite que la puissante mécanique qui mugit sous lui) l’adresse de Capri.

Mais hélas, trois fois hélas, sans doute encore l’esprit brumisant des douces vapeurs vénitiennes, notre homme (car jamais la femme n’aurait fait cette erreur), au lieu de saisir les lettres dans l’ordre C-A-P-R-I, se prend d’une fantaisie inconsciente et tape : C-A-R-P-I.

Nous savons tous que la généreuse péninsule n’est point avare de noms similaires et la bonne nouvelle, c’est effectivement qu’il y a une ville nommée Carpi près de Modena (profitons en pour évoquer le tout grand restaurant La Francescana de Massimo Bottura où se prépare le plus beau cochon de lait de cette planète : la meilleure adresse transalpine de notre ami René Millet).

Totalement confiants dans la réponse positive du GPS, voilà nos fidèles bonobiens suivant scrupuleusement les instructions doucement énoncées par une voix à la sensualité rare. Certes, ils avaient une vague notion scolaire de géographie et dans leur souvenirs lointains, Capri était une île, donc avec un passage aqueux obligatoire, mais, va savoir Charles, là, ils étaient ailleurs. Les voilà donc rendus sur la place principale de la charmante bourgade de Carpi, et, pas gênés pour deux sous, demandent à un quidam local le chemin pour aller voir la fameuse grotte bleue. Ils ont osé ! Cela mérite la médaille d’or des bonobiens, non ?

Que voulez vous : moi, une histoire comme ça, le matin, en buvant mon capuccino en face du lac de Côme, it makes my day !

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