The World of Fine Wine, n° 63

Le dernier opus de cette revue – qui reste de loin la plus belle actualité du monde du vin – doit encore être dans la bibliothèque de tous les grands amateurs. 218 pages bien remplies avec toujours, en finale, des dégustations selon le principe de l’aveugle, un mode de travail certes imparfait (tant la connaissance de l’étiquette peut faire varier ± sensiblement les opinions) mais qui garde incontestablement un aspect de jugement sur le contenu, quelque part l’essentiel pour bien des consommateurs.

Dans cette partie (page 165 à 217), on lit des notes sur les bourgognes 2017, sur des barbarescos 2015, sur des languedocs rouges et sur les rares scheurebe allemands. Pour la Bourgogne, pratiquement aucune note en-dessous de 90 points, ce qui en dit long sur les qualités de ce millésime généreux en volume et surtout offrant bien des crus pour une consommation de haut niveau « plaisir-émotion » dans ses jeunes années.

Dans la section monographie de domaines, belle présentation des Dugat et des Dugat-Py qui sont quelque part une honnête vision de deux approches bien différentes du « grand vin » : les premiers restant résolument classiques « à la Rousseau » et les seconds bien plus sensibles aux modes des vins riches et aimés de la critique américaine. Erwan Faiveley, héritier plus qu’actif dans le domaine qui porte son nom, donne priorité à son développement alors même que la Famille s’éloigne un tantinet de son activité première : le matériel ferroviaire. Page 100.

Partie découverte, comme bibi, vous apprendrez qu’au centre de l’Espagne, on y produit du Prieto Picudo, blanc et rouge, sur 7.000 hectares.

Magnifique reportage photos (Jon Wyand) sur les vendanges en Côte Chalonnaise et, pour rester en Bourgogne (décidément « LA » région qui fascine le monde entier), une page d’histoire avec le curé de Volnay, François Delachère (1726 – 1776) qui avait un respect très chrétien pour les vignes de ses paroissiens. Un petit bijou d’histoire ! Une photo pleine page 107 montre à quel point vin et chrétienté ont apporté leurs pierres à la constitution de notre civilisation alors même que certains esprits font la fine bouche devant cette évidence. Mais bon : on a les intellectuels qu’on mérite ! Et on se demandera toujours pourquoi, Chirac, n’a point voulu intégrer dans le concept de l’Union Européenne, le rôle si évident de la chrétienté dans notre civilisation. Il n’est que temps pour les politiques de ne plus s’occuper d’Histoire !

Dans le filet initié par Michel Bettane du temps des grandes heures, sur la nécessité de bien comprendre que le vin n’est pas, par nature, un produit naturel mais nécessite pour être ce qu’il est, le travail de l’homme, un MW, Benjamin Lewin insiste sur la question de la stabilisation, point fondamental pour la saine durée et juste évolution des vins mis amoureusement en cave. Pages 92 et 93.

Ne point citer en finale de ce trop bref résumé du n° 63 les pages écrites par Neil Backett sur l’édition 2018 de notre VILLA D’ESTE WINE SYMPOSIUM (pages 30 à 35), ce serait péché. Parmi tous les journalistes qui sont venus au lac de Côme, Neil mérite les éloges les plus évidents.

Qu’il me soit permis de clore ce billet – privilège de l’âge – sur une petite blague (parmi plus d’une centaine) à destination de mes amis juifs, que je sors d’un livre particulièrement jouissif :

Je cite la page 111 :

« Moïse redescend du mont Sinaï en renâclant, tables à la main. Il annonce aux foules réunies : j’ai une bonne et une mauvaise nouvelles. La bonne, c’est que j’ai réussi à négocier les commandements : il n’y en a plus que dix. La mauvaise, c’est que l’adultère est toujours dedans. »

4 commentaires sur “The World of Fine Wine, n° 63

Ajouter un commentaire

  1. J’ai eu l’occasion de goûter le prieto picudo rouge de :
    Dominio dos Tares (un air de mencia en Ribeira Sacra)
    Hijos de rafael Alonso (un air de monastrell du Levant ou de mencia en Bierzo)

    Dimanche dernier, un grand Chambertin de Rousseau 2006 (18,5/20), un Musigny VV 2006 de Voguë incompréhensible puis est arrivé Rayas rouge 2005, un vin parfait qui a ébloui mes invités (20/20 pour moi).

    J'aime

  2. Fascinant de constater un tel engouement – que je partage – pour Rayas alors même que sa Diva de propriétaire – un homme exquis de finesse alla mode « contrapuntique » de Bach – suscite également des engouements s’étalant sur 360° du spectre émotionnel.

    J'aime

  3. Oliv et les religions ! On ne dira jamais assez combien l’éclectisme des philosophes leur permet d’avoir de hautes vues là où le manant ne fait que vagir des banalités ! Merci Oliv 🙂

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑