Quand le monde du Grand Vin Européen peut être un acteur du renouveau urgent de l’UE.

Ne faisons pas la politique de l’autruche. L’Europe de Bruxelles est dans une phase critique. La Commission va changer et les élections de mai prochain vont certainement montrer une réaction inattendue des populations.

L’exemple de l’Italie, un pays qu’on ne peut qu’aimer pour sa culture et son rôle fondamental comme créateur de la CEE, reste fondamentalement européen mais n’accepte plus des règles absconses uniquement économiques dont les effets sont loin de satisfaire les attentes de ses habitants. Euphémisme majeur.

Et avec cela, on a des hommes géniaux pour se faire élire et quasi absents – jusqu’aux élections suivantes – pour FAIRE. On n’est pas sorti de l’auberge !

Dans cet espace de 27 pays, le secteur du vin, une partie essentielle de l’agriculture européenne, a pourtant des têtes de files en pleine croissance mondiale. On ne compte plus les succès asiatiques ou américains des fleurons des vignobles français, italiens, allemands, autrichiens, espagnols, portugais ! Il n’est que temps de jouer un rôle moteur en n’oubliant jamais qu’ensemble, c’est mieux que seul. Mais pour cela encore faut-il prendre conscience du potentiel que ce secteur économique peut apporter au dialogue qui va devoir refonder l’Union Européenne à condition de prendre conscience de ce que peut apporter une parole commune. Le vin a joué un rôle majeur dans le développement de notre civilisation : il n’y a aucune raison pour que cela s’arrête.

Une de nos idées est la création d’une Fédération des Grands Crus Européens (FGCE) dont nous avons déjà créé le logo (jpg du titre).

A Villa d’Este cette année, ce projet sera en filigrane de nos discussions tant il semble évident que dans tous les pays européens, on a à peu près les mêmes inquiétudes : de la question du changement climatique aux questions de successions familiales, en passant par la fin des intrants chimiques, tout cela est question aussi bien en France qu’en Allemagne ou Italie.

Ne rêvons pas : on est bien les premiers à savoir à quel point ce type de projet prend du temps et demande des énergies redoutables. Mais le fait est là : les vins européens ont une image mondiale qui vaut de l’or. Certes, des pays comme l’Australie, le Chili, l’Argentine ou même les USA vont nous tailler des croupières avec leurs productions de masse n’obéissant point à des règles existant chez nous depuis des siècles.  Il n’empêche : à un moment ou à un autre, tous les amateurs s’intéresseront un jour ou l’autre à nos crus de terroirs. N’est-il pas significatif que ce mot « terroir » n’a aucune traduction anglaise ou javanaise et devient une référence en français de plus en plus utilisée ?

On reste convaincu que si les grands noms des Domaines européens s’associent pour proposer à Bruxelles quelques règles simples permettant d’unir des forces individuelles en puissance collective, cela peut donner des résultats qui pourraient intéresser d’autres secteurs économiques.

L’Europe doit changer. Cela doit commencer par la fin de la règle la plus stupide de Maastrich : celle de l’unanimité requise dans les votes majeurs !

Allons jusqu’au bout de nos idées : recréer une Europe des Six où la culture aura autant de poids que l’économique et à laquelle les autres pays pourraient s’associer dans un système de libre-échange.

L’histoire européenne a donné naissance à Michel-Ange, à Mozart et Bach, à Einstein et Pasteur. Bon sang de bonsoir ! On a là un capital unique qui doit rester une référence sans tomber, bien sûr, dans la stupide tendance à vouloir appliquer ailleurs notre système social.

Bon : vastes sujets que tout cela. Mais disons que cela fait du bien, de temps en temps, d’exprimer des idées qu’on n’entend plus assez souvent.

Le sieur Berthomeau, dans son langage fleuri, met les pendules à l’heure sur le sujet de l’organisation des décisions au niveau européen.

Pan sur le goulot et donc merci à ce haut fonctionnaire de rappeler les choses :

Les grands feudataires des Grands crus du terroir se fédérèrent pour porter leurs « grandes idées » aux abscons de Bruxelles et se heurtèrent à leur plafond de verre.

Je ne comprends pas pourquoi je ne sais quel mauvais esprit me fout ce genre de papier sous le nez. ICI

Va savoir, Charles …

Par l’odeur du fromage alléché je clique, je lis et les bras  m’en sont tombés !

Est-ce cela le jus de tête de nos grands feudataires des Grands Crus du terroir ?

Comme le chantait Antoine leurs idées sont tellement courtes que  je me demande si ce Manifesto n’est pas là, tel un leurre, pour faire un écran de fumée masquant la vacuité d’un rassemblement empruntant le nom du station de sports d’hiver où se rassemblent la fine fleur des boss de l’économie mondialisée.

C’est désarmant de naïveté, d’une naïveté que nos enfants n’ont même plus, comment peut-on espérer après cela être crédibles face à la technocratie bruxelloise et, rappelons-le, face à l’organe politique décisionnaire : le Conseil des Ministres.

C’est pire que de l’amateurisme, c’est même au-dessous d’une bonne conversation de café de commerce.

Un exemple :

« L’Europe doit changer. Cela doit commencer par la fin de la règle la plus stupide de Maastricht : celle de l’unanimité requise dans les votes majeurs ! »

Que vient faire le traité de Maastricht dans cette galère ?

C’est tout le contraire.

L’extension du vote à la majorité qualifiée : Certains Etats membres ont longtemps refusé le passage de l’unanimité à la majorité qualifiée car ils refusaient d’être mis en minorité dans de nombreux domaines. L’Acte unique européen a contribué à lever ce blocage en organisant le passage à la majorité qualifiée pour une grande partie des décisions liées au marché intérieur. Les traités suivants ont poursuivi sur cette voie en augmentant le nombre des politiques pour lesquelles la majorité qualifiée est requise. Toutefois, certains domaines jugés très sensibles restent régis par l’unanimité (comme la fiscalité).

Le Conseil vote les projets de textes à la majorité qualifiée. Dans une Union à 28 États membres, l’unanimité devient en effet plus difficile à atteindre et les risques de blocage sont plus importants. Aussi, dans un objectif d’amélioration du processus de prise de décision dans l’UE, le traité de Lisbonne a étendu le vote à la majorité qualifiée à un grand nombre de domaines.

Tu parles Charles c’est à de Gaulle qu’on doit le principe du vote à l’unanimité dans une Europe à 6

– 25 mars 1957.

Les ministres de France, de la RFA, de Belgique, d’Italie, du Luxembourg et des Pays-Bas signaient les textes qui allaient prendre le nom de «traité de Rome». Avec de redoutables zones d’ombre en ce qui concernait les règles de fonctionnement interne du Marché commun ainsi instauré. Les décisions doivent-elles être prises «à l’unanimité» ou à la simple «majorité»? Dans le second cas, un pays membre ayant voté contre une décision sera sommé de l’appliquer, quelle que soit l’importance des conséquences pouvant en découler. Dans le premier cas, «l’unanimité» induit pour chaque pays membre un «droit de veto», c’est-à-dire de refuser toute décision qu’il juge contraire à des intérêts vitaux pour son peuple.

– 29 janvier 1966.

Adoption, à l’initiative du gouvernement français du général de Gaulle, après la politique de la chaise vide, du «compromis de Luxembourg». Celui-ci est consigné dans un procès-verbal officiel prévoyant que, premier alinéa, «lorsque, dans le cas de décisions susceptibles d’être prises à la majorité sur proposition de la Commission, des intérêts très importants d’un ou plusieurs partenaires sont en jeu, les membres du Conseil s’efforceront, dans un délai raisonnable, d’arriver à des solutions qui pourront être adoptées par tous les membres du Conseil dans le respect de leurs intérêts et de ceux de la Communauté, conformément à l’article 2 du traité».

Second alinéa: «En ce qui concerne le paragraphe précédent, la délégation française estime que, lorsqu’il s’agit d’intérêts très importants, la discussion devra se poursuivre jusqu’à ce qu’on soit parvenu à un accord unanime.»

– Février 1992.

Le traité de Maastricht codifie l’abandon de «l’unanimité» au profit de la «majorité qualifiée». Nous en sommes là aujourd’hui, mais, à l’époque, entendre des chiraquiens, des giscardiens ou certains membres du gouvernement crier à l’union sacrée contre une dérive qu’ils ont appelée de leurs vœux et érigée de toutes pièces… c’était fort de café, disons que c’était pour brosser dans le sens du poils les paysans.

Convenez-en, pour des gens qui veulent réformer l’UE, et Dieu sait si elle en a besoin, apporter des idées neuves, c’est une faute technique disqualifiante comme au basket.

Le flou c’est du mou.

Dans l’univers impitoyable des couloirs de l’Union peuplés de lobbyistes l’amateurisme, même porté dignement par les grands feudataires des Grands Crus de terroir, est mortifère, même s’il est accompagné de belles caisses de nectar béatifié.

Voilà, c’est écrit et qu’on ne vienne pas me dire que j’ai mauvais esprit, je remets les pendules à l’heure et, ce faisant, je permets à tout ce beau monde de ne pas se couvrir de ridicule qui, certes, n’a jamais tué personne.

Mourir pour des idées, mais de mort lente chantait Brassens

Vaste programme comme disait le Grand Charles !

Merci, Monsieur Berthomeau de rappeler ainsi des choses essentielles. Il n’empêche : on a le droit de croire que le monde européen du Grand Vin peut agir au niveau de Bruxelles.

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