La France aime bien les classements : à suivre ce que proposent Mybalthazar et Transversal.

Deux lectures récentes ne peuvent que justifier le titre de ce billet.

Terre de Vins, revue bordelaise explorant de mieux en mieux les vignobles d’ailleurs, offre dans son dernier opus une liste de 100  restaurants, région par région, catégorie par catégorie, ayant des cartes de vins supérieures à la moyenne nationale. Un classement de grande intelligence sachant prendre en compte les diversités des restaurants : de grand luxe à auberge de campagne. En fait, ce sont réellement des Maisons où on est amoureux du vin en sachant engager les investissements nécessaires : caves à contrôle de température, service des verres, présentation des cartes, références sans tabou.

On y trouve donc aussi bien la cave du George V constituée patiemment par Eric Beaumard (Chevalier de la Légion d’honneur mercredi 25 avril) que celle, fascinante, de Pierre Vila Palleja au Petit Sommelier, une adresse gourmande et jalouse face à la Gare Montparnasse qui vous sert, à partir de magnums, des vins que même des étoilés ne peuvent mettre sur leur carte ! Une maison de passionnés comme il y en a si peu ! Et la cuisine n’est pas en reste. Un sage avis : n’essayez point de rouler des épaules devant la jeune Manon Bras qui en connaît un rayon. 🙂 Le gente féminine de la sommellerie est à prendre plus au sérieux que le gente masculine souvent trop rapidement sûre d’elle-même.

Le voyageur parcourant ainsi la France de Lille à Marseille, de Brest à Liederschiedt, peut donc trouver de quoi sustenter ses appétits bacchiques. Merci à Terre de Vins qui actualise régulièrement ce palmarès.

Pour le monde du vin, outre les classements officiels qui furent la gloire de 1855 et des AOC bourguignonne des années 30/50, on connaît les nouveautés alsaciennes, le prochain classement de 2020 pour – enfin – revenir au classique trio des bourgeois bordelais (qui sera « exceptionnel » ?), et la Provence qui rallume ses feux sous son propre classement historique.

En fait, cet article juste pour mentionner une initiative qui devrait intéresser beaucoup de monde. Je vous la livre telle qu’elle est présentée ce jour dans le Journal du Dimanche, le JDD :

Info 2

Si au Grand Jury Européen (GJE) que nous avions créé – bien trop tôt : c’est un fait – en 1996 et pour 20 ans, le but essentiel était d’apprécier avec commentaire et note sur 100, par un groupe de dégustateurs venant de 10 pays et représentant des sensibilités au vin souvent différentes – un sommelier comme Olivier Poussier (France) goûte différemment d’un producteur comme Sandrone (Italie) ou d’un caviste comme Jacques Perrin (Helvétie) ou de grands amateurs américains comme Kelly Walker ou Kevin Shin –  des jus sans connaissance des étiquettes, il était patent pour tous nos dégustateurs de grand renom d’être bien conscients des limites d’un tel travail. Depuis des lustres on sait à quel point une lecture préliminaire d’une étiquette impose à notre réflexion, en fonction de ce que l’on connaît de ce vin, des additions (ou soustractions) de points quand bien même l’avouer ressemble souvent à un parcours du combattant. Parlez en à nos amis Gabriel Lepousez et Axel Marchal : ils vous diront des choses passionnantes sur ce point.

Donc, dans cette présentation à venir de 544 châteaux bordelais, il y aura bien plus qu’un simple point de vue sur les jus ! C’est là que l’on verra à quel point les génies du marketing ont été capables de bien orienter les amateurs ! Le nouveau classement des grands crus de St-Emilion fut le premier à associer au vin ces nouvelles notions prenant en compte des éléments non directement liés à la qualité intrinsèque des jus… avec tout le ramdam auquel il a donné lieu.

Y voir Reignac d’Yves Vatelot qui a su comme personne capitaliser sur les résultats de nos sessions GJE (et aussi Jean Guyon avec Rollan de By et Haut-Condissas), cela nous mettra la puce à l’oreille pour suivre ce qui sera écrit sur Domaine de l’A, sur Haut-Marbuzet, sur Haut-Carles, tellement pénalisé par une AOC qui a eu pourtant son heure de gloire et Sociando-Mallet comme Les Grands Chênes et Tour Blanche de Bernard Magrez.

Le travail qui est en cours chez Balthazar et Transversal sera donc à suivre de près, à critiquer et à amender : soyons en certain ! La chose eût été certainement différente à l’époque des grands jours de Parker dont on aurait eu un peu de mal à ne pas prendre en compte. C’est bon signe quelque part.

En première conclusion, restons positifs ! Bordeaux est en train de remonter la longue et difficile pente de la notoriété, une notion que le belle Bourgogne essaie de gérer avec intelligence – pas facile – et que l’Alsace suit de près avec un Rhône nord et sud toujours en haut de la vague parkérienne sur laquelle il ne va pas falloir se reposer ! Le Languedoc-Roussillon revit grâce à quelques fous qui se lancent dans des rétablissements de vignobles abandonnés et le Jura qui frappe à la porte des amateurs avec les crus de Ganevat et Belluard (pour  la Savoie) qui cassent la barraque !

Bref : ça bouge de tous les côtés et c’est d’autant plus remarquable à un moment où des entités administratives ont totalement oublié à quel point l’éducation est la base de tout, aussi bien en matière de circulation routière que de vins. Mais bon, là, faut que j’arrête car je vais dire des gros mots !

🙂

Ne jamais oublier, amis amateurs, à quel point la vigne, le vin ont été des pierres à la base de la civilisation occidentale laquelle, avec tous ses aléas historiques, a quand même un beau bilan de réussite côté liberté et respect de l’individu. Le vin n’est pas qu’une boisson alcoolisée : il est avant tout un outil de convivialité exceptionnel. Séparer bêtement le corps de l’esprit, c’est vraiment « petits bras » !

Mais bon : on a enfin un Président qui dit clairement son respect de la chose : ouf ! Il n’était que temps !

4 commentaires

  1. François,

    A propos de belles cartes de vins à prix abordables, j’étais à la Villa Mas (San Feliu de Guixols) la semaine dernière (l’occasion, entre autres, d’un beau Forêt 2003 de Dauvissat).

    Le grand zinc à Chablis dans quelques jours.
    Puis le restaurant de la gare de Guewenheim fin juin.

    Santé ! 🙂

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  2. Mon Cher François,
    Ce sondage est passionnant et te montrera demain ses résultats qu’il faut lire entre les lignes. Pour toi et tes followers … 🙂 voici quelques avant-premières , souvenirs du Davos du vin ….

    Château Smith Haut Laffite 4 podiums sur 6 catégories
    Château Cos d’Estournel 4 fois parmi le top 10
    Château de Chantegrive 31 ieme sur Twitter
    Château Malartic Lagraviere 10 sur You Tube
    Château de Reignac 1er sur You Tube

    A suivre ……………………
    Amitiés
    Jean-François Hesse

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  3. Bonjour,
    Voici ci dessous toutes les informations sur cette étude :

    MyBalthazar et l’agence Transversal se sont associés afin d’établir le classement des 100 Châteaux bordelais qui comptent dans la galaxie des médias digitaux et des réseaux sociaux.

    La solution technologique MyBalthazar a permis de traiter les données afin d’établir ce classement. Le point sur la méthode utilisée.

    Comment le classement a-t-il été établi ?

    Le classement a été déterminé grâce à la solution de calcul de score d’impact
    digital développé par MyBalthazar.

    Cette technologie permet à MyBalthazar de connaître en temps réel la qualité de présence des Châteaux et domaines viticoles sur Internet.

    La période d’étude : 4ème trimestre 2017

    Notre étude porte sur l’analyse des performances des Châteaux du 1er octobre au
    31 décembre 2017.

    Comment MyBalthazar détermine-t-il le score d’impact digital ?

    Notre système de score repose sur l’analyse de la qualité de présence des
    Châteaux sur six sources de données :

    – les réseaux sociaux majeurs que sont Facebook, Twitter et Instagram
    – la plateforme vidéo leader qu’est YouTube
    – la presse en ligne (incluant les blogs et sites spécialisés)
    – le réseau social du vin, Vivino

    Pour chacune de ces sources, trois typologies d’indicateurs de performance ont été retenus :

    – réseaux sociaux : le nombre d’abonnés, l’engagement des abonnés (au travers des commentaires, likes, partages) ainsi que le nombre de publications effectué par les utilisateurs, citant le nom du Château (nom propre ou hashtag).

    – plateforme vidéo : le nombre d’abonnés sur la chaîne officielle, le nombre de vidéos vues sur la chaîne officielle ainsi que le nombre de vidéos postées par les utilisateurs, citant le nom du Château.

    – presse en ligne : le nombre d’articles citant le Château (France et international), le nombre de partages générés à partir de ces articles, et l’influence des titres de presse (au travers du nombre d’abonnés qu’ont chaque titre sur les réseaux sociaux).

    – Vivino : la note moyenne du premier vin et le nombre de votes effectués par les utilisateurs pour établir cette note.

    Les Châteaux retenus afin d’établir notre palmarès

    544 Châteaux de la région bordelaise ont été étudiés en détail afin d’établir ce classement. La totalité des Grands Crus Classés ont été intégrés à l’étude, ainsi que les Châteaux non classés les plus actifs sur Internet (liste en annexe).

    La plateforme MyBalthazar a traité plus de 10 millions de données afin d’établir
    cette étude.

    Notre classement général

    Le classement a été établi en faisant la moyenne des scores (sur 100) obtenus par les Châteaux sur chaque source de donnée. Des coefficients ont été mis en place afin de refléter l’audience réelle de chaque source.

    Le classement par source de donnée

    Un classement a été établi par source de donnée, afin de déterminer les Châteaux les plus performants sur chaque plateforme sociale, plateforme vidéo ainsi que sur la presse en ligne (voir en annexe).

    La méthode utilisée est la même que pour le classement général : pour chaque source, les performances des Châteaux ont été analysées sur les différents indicateurs par la technologie MyBalthazar. Chaque indicateur représente un poids équivalent dans le calcul du score.

    Comment analyser les résultats de l’étude MyBalthazar sur top 100 des Bordeaux qui comptent dans la galaxie des médias digitaux et des réseaux sociaux ?

    Le nombre de fans sur les réseaux sociaux n’est pas un indicateur suffisant pour analyser la présence des Châteaux sur le Digital. L’engagement des abonnés et la capacité d’un Château à générer des conversations sont des éléments devenus stratégiques pour assurer une visibilité optimale. La présence dans les titres de presse en ligne, et l’influence réelle de ces titres le sont tout autant.

    L’étude de MyBalthazar porte sur un nombre de source important afin d’apporter l’éclairage le plus complet sur la présence des Châteaux sur Internet. Le système de score, créé par MyBalthazar, permet en outre de placer les Châteaux sur un pied d’égalité, afin de comparer véritablement leur performance en terme d’impact digital.

    Au-delà du classement général et du classement par source, il est intéressant de noter que certains Châteaux ressortent particulièrement bien :

    o Le Château Smith Haut Lafitte : 4 podiums sur 6 catégories.
    o Le Château Margaux : 1er dans trois catégories.
    o Le Château d’Yquem : 4 fois parmi le Top 5.
    o Le Château Cos d’Estournel : 4 fois parmi le top 10.

    Ces quatre Châteaux, placés logiquement aux quatre premières places de notre classement général, ont développé des stratégies de présence digitale efficaces.

    Leur présence sur la majorité des réseaux sociaux, ainsi que la qualité du travail sur le partage et les contenus produits leur assurent une visibilité importante. Leur notoriété naturelle permet également d’ajouter une présence conséquente dans les titres de presse français et internationaux.

    A l’inverse, d’autres Châteaux très prestigieux sont volontairement absents sur Internet. Cette stratégie historique se confronte de plus en plus à la réalité du monde et des attentes des consommateurs.

    Cette absence permet à des Châteaux moins prestigieux, mais plus dynamiques, d’émerger nettement et de gagner en popularité. C’est le cas des Châteaux de Reignac, Fleur Cardinale, et a un degré moins les Châteaux La Levrette et Mangot. Ces châteaux ont capitalisé sur Internet depuis de nombreuses années, et bénéficie désormais d’une notoriété remarquable, notamment sur les plateformes sociales.

    – Le Top 5 présente peu de surprise : les Châteaux prestigieux et très impliqués sur la communication sont logiquement représentés.

    – Le Château Margaux monte sur la seconde marche du podium, et ce malgré son absence de page Facebook. Cette bonne position prouve le travail très cohérent réalisé par les équipes communication du Château.

    – Deux Châteaux non classés se positionnent parmi les domaines viticoles les plus performants : il s’agit des Châteaux Fleur Cardinale (12ème) & Reignac (6ème), qui ont tous deux effectué un travail considérable sur la création de contenu ainsi que sur les réseaux sociaux ces dernières années.

    – Parmi les Premiers Grands Crus Classés, seuls les Châteaux Margaux, Yquem et Angelus tiennent leur rang et se positionnent dans le top 10.

    – Le regroupement par zone géographique permet de constater que les
    Châteaux des Graves sont sur-représentés dans le Top 10.

    – Plusieurs grands absents parmi le Top 50. Les plus marquants : Lafite
    Rothschild, 55ème / Cheval Blanc, 66ème / Petrus, 81ème / Ausone, 117ème

    – Les Premiers Grands Crus Classés sont absents du Top 10.

    – Malgré son nombre de fans considérable, le Château Haut Brion (plus de
    125 000 fans, plus grande base d’abonnés parmi les Châteaux bordelais)
    ne prend que la 24ème place en raison d’un engagement faible.
    Le Château Haut Brion communique peu sur sa page Facebook, et génère en conséquence un nombre de j’aimes, commentaires et partages anecdotique comparé à la taille de sa base d’abonnés.

    – La moyenne du Top 100 est de 57/100 (meilleure moyenne sur les réseaux sociaux), preuve que le sujet Facebook est bien compris par la majorité des Châteaux bordelais.

    – Le Château Margaux est très actif sur Twitter, et bénéficie d’une notoriété naturelle qui lui permet d’être efficace sur l’ensemble des indicateurs de performance. Son score de 96/100 en est la preuve.

    – Les leaders sur Twitter sont très différents des autres sources. Preuve que c’est un sujet clivant chez les Châteaux. Un bon nombre de Châteaux prennent le parti de ne pas utiliser la plateforme, considérée comme peu efficace pour toucher les consommateurs.

    – Le Château de Reignac est assez largement numéro un sur cette thématique. Le sujet vidéo a été pris en compte très tôt dans la stratégie de développement de la marque, preuve en est la date de création de leur chaîne YouTube : 2010.

    – La vidéo est un sujet encore peu traité par les Châteaux, en décalage avec les usages des internautes français (63% des internautes regardent une vidéo tous les jours, Médiamétrie, Juillet 2017). Jugée complexe et nécessitant investissement technique, la vidéo représente un enjeu sur lequel les Châteaux devront rapidement se pencher.

    – Peu de châteaux sont présents et actifs sur YouTube : seuls 13 châteaux ont un score supérieur à 30/100.

    – Le Château Margaux est à nouveau numéro 1 sur cette thématique. Très actif sur ce réseau social, avec une volonté d’innovation sur les formats utilisés. C’est ainsi un des premier Château à avoir communiqué au travers du format éphémère « stories ».

    – Le Château Pichon Baron émerge nettement sur Instagram, alors qu’ils sont absents des réseaux Facebook, Twitter et YouTube.
    NB : Le Château Pichon Baron a créé sa page Facebook début janvier, soit après la fin de notre étude.

    – La communication sur Instagram semble naturelle et facile d’accès pour les Châteaux. Les performances en terme d’impact y sont en moyenne très élevées comparé aux autres réseaux sociaux.

    – On retrouve assez logiquement dans ce classement la plupart des Premiers Grands Crus Classés, ainsi que des Châteaux très présent sur la scène internationale.

    – Les Châteaux de Reignac et Fleur Cardinale, très performants sur les réseaux sociaux, sont totalement absent de ce classement qui fait la part belle aux Châteaux très prestigieux.

    Top 10 sur l’impact Vivino

    – Les Châteaux les plus prestigieux sont également largement dominateurs dans le classement Vivino.

    – Au-delà des notes données par les utilisateurs, Vivino est un indicateur du nombre d’amateurs ayant pu déguster ces vins. En effet, le nombre de notes données par les utilisateurs est un des indicateurs sur lequel se base le calcul du score.

    – Le Château Mouton Rothschild réussi un sans-faute et bénéficie du score maximal de 100 points, preuve de la qualité de son premier vin, et du nombre important de personnes l’ayant dégusté.

    – Le Château Lynch Bages se positionne également très bien et dépasse de nombreux Premiers Grands Crus Classés.

    – Le Château Fleur Cardinale se place à une honnête 58ème place, devant le
    Château Ausone (60ème). Preuve que la qualité de la communication digitale peut avoir un impact sur la consommation des vins.

    Amitiés
    Jean-François Hesse

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  4. Merci de ces informations et, ce jour, après un RV avec Monsieur Sonet (MyBalthazar), il est évident que ce nouvel outil informatique dédié au monde des producteurs de vin aura très vite un avenir brillant !

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