Primeurs 2017 à Bordeaux

Quand bien même, à tort ou à raison, le millésime 2017 ne sera pas de type « spéculatif » eu égard aux parcelles touchées par la grêle – on parle d’une chute des volumes à hauteur de 30 % – , les habitués des parcours rive droite – rive gauche sont bien présents.

Réduisant chaque année le petit circuit qui est le nôtre avec quelques anciens du GJE, encore moins qu’auparavant je n’aurai la prétention d’émettre des points de vue pointus et dignes d’être comparés aux maestri de la chose. Il faut laisser la place aux jeunes palais qui n’ont pas besoin de vieux barbons pour exprimer leurs points de vue.

Juste quelques impressions :

  • comme chaque année désormais, Moulin St Georges de la Famille Vauthier reste un beau RQP tandis que Pauline Vauthier ne se fait aucun stress quant au futur d’Ausone et autres crus de la Famille.
  • les blancs du Groupe Clarence Dillon (LMHB et HB) sont plus intéressants que les rouges, lesquels seront très probablement appréciables à un âge de belle jeunesse.
  • Petites merveilles à Cheval-Blanc lequel, avec Petit-Cheval sera un des achats les plus flatteurs du millésime 2017 qu’il est difficile de ne pas décrire comme « classique » là où le gel n’a pas ponctionné sa part luciférienne. Et toujours la présentation fastueuse au Grand Théâtre de Bordeaux de Château YQUEM dont on ne dira jamais assez à quel point, jeune, ce cru mythique nous offre des émotions simplement uniques.IMG_6303.jpg
  • Figeac, plus sur la structure que sur le plaisir immédiat, imposera de plus en plus un respect mérité. En ouverture du billet, le projet de mise à jour du Château dont le premier coup de pioche a eu lieu cette semaine. On est loin du bling-bling et donc, Monsieur Manoncourt n’aura point à morigéner ses héritières du ciel auquel il a eu droit, plus que bien d’autres châtelains.
  • Si Vieux Château-Certan est encore une fois ailleurs, dans des zones où le plaisir côtoie la grandeur, parmi les plus beaux pomerols, La Conseillante, moins évidente, plus rigoureuse, sera d’ici 20 ou 30 ans, une des références incontournables de la rive droite.
  • A La Grappe, impossible de ne pas dire que Le Domaine de l’A est vraiment bien réussi et, si son prix reste correct, ce sera le vin à mettre en cave pour les budgets soucieux de la paix des ménages.
  • Mais la plus belle surprise viendra de l’émotion – notre niveau majeur d’appréciation – ressentie à Calon-Ségur. Vincent Millet est un homme habité. Habité par la passion inassouvie de découvrir ses terroirs où il se promène jour et nuit (ou tout comme), il nous offre cette année des vins que je qualifierai simplement de « référence ». Des beautés.
  • Alors du coup, à Montrose et à Lafon-Rochet, on est un poil sur des appréciations moins dithyrambiques quand bien même Saint-Estèphe mérite bien le respect.
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  • A Pichon Baron, avec toujours ce sourire biblique de Monsieur Matignon, pourtant à la retraite, la gamme des vins proposés comprenait Suduiraut dont le blanc sec sera un achat intelligent.

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Vous voyez : pas grand chose de dégusté. Le Grand Jacques et Nicolas Herbin feront un rapport annuel qui sera de loin le plus intéressant eu égard à ses intitulés alors que les notes de Michel Bettane, un des tout rares ou même le seul à visiter 3 fois quelques propriétés, seront à collecter pour les relire d’ici dix ans et pouvoir le féliciter alors pour la justesse – ou non – de ses points de vue.

On continue à donner la Palme d’Or pour l’organisation des primeurs à Jean-Philipppe Delmas (Haut Brion) où déguster les primeurs se fait dans un contexte où le luxe discret rencontre de vieilles gravures toujours passionnantes à scruter de près.

Mine de rien, lire le papier particulièrement jouissif de Nicolas de Rouyn qui évoque plus Comus que Bacchus : il va se faire des amis, sûr !

http://bonvivantetplus.blogspot.fr/2018/04/les-primeurs-vus-du-paradis.html#comment-form

PETIT APARTÉ

Le pont-levis construit à Bordeaux sous l’instigation de Monsieur Juppé voit donc passer, avec la belle saison, quelques gros calibres de la croisière, quelques voiliers historiques mais aussi quelques yachts privés. Le dernier en date, plus de 70 mètres et 22 membres d’équipage, a bien sûr fait l’objet d’un article de Sud Ouest. Mais, esprit tellement d’actualité, plutôt que de dire à quel point les droits à payer pour passer, pour séjourner sur le quai de la lune, pour alimenter les commerces locaux, ne sont point négligeables, on laisse entendre que le Pavillon de l’objet doit probablement cacher quelque fortune quasi honteuse.

Tss…

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La réflexion du jour pour laquelle quelques clercs de haut rang sauront l’adapter au monde du vin 🙂

Qu’il ne fût permis qu’aux seigneurs hauts justiciers d’avoir des pigeons, et non point aux seigneurs de fiefs sans justice, par la raison que ces animaux sont nuisibles aux semailles (Cahier doléances Valençay,1789)

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