Un ordinaire pouvant intéresser l’amateur… quoique… 

On ne va pas ajouter notre gain de sel sur l’état d’esprit des français qui ont un mal fou à comprendre que notre nouveau Président hérite d’une situation pas folichonne et qu’il va bien falloir la redresser à un coût significatif. On aurait trop de choses à dire…

Restons donc dans le domaine de notre blog : le Grand Vin.

S’il est vrai que tous les vignerons vont devoir bien prendre conscience que les terres ne doivent plus devenir des récipients de Monsanto et autres Bayer, l’autre combat à mener sera celui de la mesure. Il n’est que temps de stopper les démagogues enfourchant à la va-vite des vues uniquement négatives sur le vin dont tout le monde sait, depuis les grecs et les romains, que la fermentation du sucre produit un élément appelé alcool qui a des effets positifs en consommation mesurée et des effets négatifs lors d’excès intempestifs.

Le sieur Voutch, un tout grand de l’humour superbement dessiné, décrit parfaitement ces excès dans l’opus illustrant ce billet.

Ne jouons donc pas sur les mots : oui, l’alcool du vin génère des attitudes allant d’une saine convivialité à des violences totalement inadmissibles. Mais ce n’est pas parce qu’une minorité de consommateurs a le vin mauvais, qu’il faut jeter l’anathème sur une profession qui mérite un réel respect tant il est vrai qu’elle a contribué sensiblement à la création d’un type de civilisation dont on peut être fier.

Nos derniers voyages en Bourgogne et en Moselle allemande sont chaque fois une occasion de rencontrer de grands vignerons ayant cette caractéristique assez singulière : plus ils sont grands, plus ils sont modestes, généreux et et soucieux d’harmoniser au mieux les terroirs dont ils ont la charge avec leur propres capacités à créer des crus d’excellence. Avec eux, les discours techniques sont inutiles. Quand ils parlent de leurs vins, c’est toujours avec des mots simples, des mots d’amour, des mots de respect et sans jamais oublier d’échanger avec leurs interlocuteurs. Il n’y a pas tellement de professions sur cette planète où de tels dialogues sont la base de tout.

Tout cela pour dire ce qu’on répète ici depuis des années : l’éducation est à la base de tout. C’est cela qu’il faut mettre en avant et arrêter d’associer vin et lucifer !

Lors de ce dernier voyage, une évolution – on parle ici de la Bourgogne – pose question.

Assiste t’on à un nouveau déséquilibre dans l’esprit des amateurs ? Si, il y a quelques décennies, l’importance de l’appellation AOC, la classification en Grand Cru (GC) , Premier Cru (PC) et Villages était un peu la clé des décisions d’achat, on constate que de plus en plus le mot clé pour les amateurs est le nom du vigneron.

Exemple : si, par le passé, on recherchait un GC – exemple parfait avec Clos de Vougeot – pour la notoriété qu’il apportait par rapport à un PC ou à un simple Villages, on constate de plus en plus que, finalement peu importe (ou moins importe) ce critère par rapport au nom du vigneron. Un Trapet, un Mugneret-Gibourg, un Coche-Dury, un Jean-Michel Guillon, un Taupenot-Merme, un Mortet, un Dugat, un Mugnier, un Rousseau, un Liger-Belair sont des signatures impliquant que, grosso modo, tous leurs vins, quelque soit leur classification, sont supérieurement dignes d’intérêt.

Bon : cela se discute certes, mais je ne dois pas être le seul à penser ainsi.

L’autre sujet dont on parle en ce moment est de savoir si oui ou non, la Chine, tellement amoureuse de la couleur rouge, va enfin s’intéresser aux vins blancs. Il semble que oui, qu’enfin nos bons vignerons en sauvignon, chardonnay, riesling et autres vermentino vont pouvoir travailler ce marché asiatique qui reste le potentiel majeur pour eux.

Et quand on aborde la question de la communication et des nouveaux circuits de vente, là, on pose plus de questions qu’on n’apporte de réponses.

Il est évident que bien des revues surfent plus ou moins délicatement sur une publicité nécessaire et acceptée quand elle ne devient pas une obligation à des articles de complaisance. Celles qui sortent qualitativement du lot ont du mal à trouver un lectorat d’abonnés permettant un équilibre financier d’autant plus qu’elles sont souvent luxueuses et donc coûteuses. VIGNERON et THE WORLD OF FINE WINE sont les exemples typiques.

La RVF qu’on a souvent critiqué ici, probablement grâce aux actionnaires actuels qui ont fait les investissements nécessaires, propose dorénavant des présentations un peu plus fouillées quand bien même il y a quelques critiques basant un peu trop vite leurs analyses et notations sur des a-priori allant dans le sens des vents.

LPV reste sur internet l’outil de référence qui a mis au vestiaire quelques atrabilaires dont l’unique passion était de dénigrer et de faire quelques faciles attaques anonymes ad hominem.

Bettane-Desseauve, le fameux sigle B+D n’a point cédé aux sirènes faciles d’un Groupe de Presse avec lequel il aurait perdu son âme, et cela mérite un chapeau bas.

En anglais, si le site de Parker est un pâle fantôme en voie d’extinction, celui de Galloni, et surtout depuis le renforcement de son équipe, (Ian d’Agata et Neal Martin notamment) va devenir – en fait il l’est déjà – la référence anglo-saxonne incontournable.

Bon week-end et en cas d’urgence, souvenez vous des belles références que sont Marionnet, Haut-Carles, Haut-Marbuzet, Derenoncourt, Jean-Michel Guillon, Trimbach, Dönnhoff, Wassmer et autres Vajra et Rocca de Cà Növa !

NEWS DE DERNIÈRE MINUTE : via le Figaro du samedi 7

Le Groupe E. Leclerc acquiert la start-up WINEADVISOR qui se veut un concurrent à VIVINO en proposant la base de données existante qui sera naturellement largement augmentée, avec des possibilités d’achat. Chiche qu’il y aura quelques préférences discrètes pour des vins qu’on trouvera dans leurs rayons.

On lira aussi l’interview de Nicolas Joly (page 34) et le papier sur Saskia de Rothschild associé à Jean-Guillaume Prats pour booster – si besoin est – les propriétés familiales bordelaises de cette famille illustrant si bien les grands noms bordelais.

IMG_5469.jpg

Bon : vous voyez : rien de folichon dans ce billet, et un peu comme Bizeul assez fatigué de redites dont il a horreur alors que son affaire marche nickel-chrome, je redoute de devenir trop sage. Gardons espoir : probablement un mauvais moment à passer.

🙂

On parlera tantôt du géo-sensoriel dont je n’avais pas du tout compris le concept. Monsieur Aubert de Villaine, dont chacun connaît le sens de la mesure, m’a bien expliqué la chose en rappelant que l’objet qu’on n’utilise plus assez souvent reste le taste-vin des « gourmets ».

Capture d'écran 2018-03-19 19.13.44.jpg

 

 

 

3 commentaires

  1. Cher François,

    En complément de votre paragraphe sur le travail des vignerons (tant de leur terroir que sur l’accompagnement qu’ils offrent à leur clients), je vous soumets la curiosité suivante :
    https://munchies.vice.com/fr/article/d3ynbw/avec-les-vignerons-du-luberon-qui-font-du-vin-sans-cave
    C’est à côté de la maison, donc je vais très rapidement essayer de les rencontrer et découvrir leur travail.

    Je me permets de vous rejoindre sur le point suivant de votre article : l’intérêt des amateurs pour le « nom sur l »étiquette » plutôt que sur l’appellation.
    Si effectivement la « marque » peut-être un gage de qualité, c’est aussi la valeur refuge qui va s’imposer à mon portefeuille quand il va s’agir de garnir ma cave. Le compromis à faire entre : prix / appellation et le prix / étiquette reste à mon sens à l’avantage du vigneron. Les « Châteaux de Tours » et « Domaine des Tours » du mois dernier au Hyatt sont la preuve qu’un artisan digne de ce nom ne négligera aucune des cuvées qu’il portera, en 2sd ou 3ème vins de son domaine. Et c’est là tout l’intérêt que je trouve à aller à la rencontre d’une Corinne Jamet, d’un Paul Ansellem, d’un Pascal Marchand, d’un Emmanuel Reynaud ou d’un Jean-Michel Guillon.
    Le désarroi plutôt est de constater que les cuvées « locomotives » des grands domaines (petit clin d’œil à notre Président en ces temps de contestation ferroviaire) nous sont devenues inaccessibles pour la majorité d’entre nous (quantitativement et financièrement).
    Et là, je boucle sur nos cousins à l’autre bout du globe et sur la convergence des intérêts mercantiles des différents acteurs du secteur (nouveaux et anciens)….. Ces applications n’ont pour autre but que de créer de nouvelles modes, de nouveaux besoins et d’orienter les masses de consommateurs.

    Ces modes économies verticales, qu’elles soient dans l’information (désinformation…) ou dans n’importe quel autre secteur, ne sont jamais à mettre au profit des consommateurs finaux.

    Bon dimanche.

    Frédéric

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  2. Purée ! Le site MUNCHIES, c’est du lourd ! Pas seulement sur ces bonbonnes enterrées, mais sur les pages suivantes où le cannibalisme « moyen-âgeux » prend de doctes présentations hasardeuses !
    Merci de ce lien 🙂

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