Le Grand Vin victime du naufrage des intelligences étatiques.

Me voilà dans un TGV entre Paris et Bordeaux, et dans un état d’énervement assez rare, situation propice à un vocabulaire réprimandable. Mais comme j’ai pu sustenter un appétit légitime (photo du billet) avec une double lecture d’un beau riesling de Georg Breuer au Bistrot du Petit Sommelier (http://www.gillespudlowski.com/138257/restaurants/paris-14e-petit-sommelier-et-bonne-affaire) – où il faut avoir ses habitudes pour éviter l’insipide des wagons restaurants -, je vais essayer – probablement tentative vaine – de rester civilisé.IMG_6033.jpg

Mon juste courroux a son origine dans cette communication d’un crétinisme absolu, via le Ministère de la Santé, que sous prétexte que le vin contient de l’alcool – quelle belle découverte ! – il doit séance tenante rentrer dans la catégorie des produits prohibés.

Qu’il nous soit donc permis de préciser ici quelques points !

A : Les amateurs – nous ne parlons ici que du Grand Vin, laissant aux alcooliques le soin de devenir esclaves de bibines insipides qui ne méritent même pas le nom de « vin » – savent pertinemment que c’est grâce à cette fermentation naturelle du sucre en alcool, que le vin nous offre ainsi un réel élèvement de nos neurones de haute civilisation, de nos capacités à développer un sens du convivial et d’une réelle générosité. On laisse de côté les rares mal construits qui ont le vin mauvais. Pas chez nous, ces gens là !

C’est une évidence : hors pays de vins, la vie n’est pas tout à fait la même chose que chez nous. Et si le Très Haut – pour ceux qui sont croyants – a permis une telle évolution du jus de raisin, c’est bien qu’il savait, dans sa grande sagesse, à quel point l’homme avait besoin d’un antidote régulier aux difficultés de sa présence sur terre et maintenant aux inepties des spounz qui mitraillent leurs personnels de communication de choses bavardes, inutiles, fausses et basées sur des argumentaires à pleurer. Comme si, en arêtant d’honorer mes Haut-Carles, mes Premières Vendanges, mes Belluard, mes Sandrone, mes Poggio di Sotto, mes Clos Ste Hune, mes Egon Müller, Dönnhoff, mes Guillon, mes Mugnier et autres Rousseau, j’allais subitement écarter quelques maladies dont chacun sait qu’elle peuvent frapper n’importe quel quidam n’ayant aucune fréquentation vigneronne.

B : Alarmer les populations en disant que dès le premier verre, on risque des choses que la Ministre voudrait nous épargner (non mais : de quoi je me mêle ?), c’est une stupidité rarement atteinte par nos autorités ! Et dieu sait qu’il y en a de ces stupidités administratives ! Certes, il eut été plus sage de ne jamais évoquer les possibles bienfaits du vin sur nos santés, ce point étant par nature sans influence majeure sur notre passion laquelle est basée, avant toutes choses, sur une éducation raisonnable d’homme libre n’ayant absolument point besoin d’autrui pour nous dicter  notre mode de vie.

C : L’émission de France Inter hier soir à 19H20 était l’exemple parfait d’une mauvaise foi évidente, tant les auditeurs sélectionnés nous dispensaient des bêtises à n’en plus finir, du style « oui : il faut marquer les étiquettes comme on marque les paquets de cigarettes. » Je vous fiche mon ticket que pas un amateur de beaux crus comme nous le sommes ici, n’a donné une quelconque importance à ce non-sens culturel.

D : Surtout, ne jamais évoquer lorsqu’on aborde ce sujet, les conséquences économiques sur le monde des vignerons. C’est s’abaisser inutilement alors même que le seul argument à évoquer – à condition d’être face à des gens intelligents : c’est pas gagné – c’est l’EDUCATION. Nous sommes une génération où on nous a appris le vin lors du déjeuner du dimanche, où on nous mettait un fond de vin agrémenté d’une belle rasade d’eau fraîche. La chose, nous faisait découvrir naturellement à la fois le potentiel convivial et le besoin de la mesure.

E : Et vous verrez que ces ignobles Haineux, Vindicatifs et Malfaisants exigeront un jour un bannissement des vignobles, une surtaxe fiscale sur les vignerons, rêvant, bêtes comme ils sont, d’une marque au fer rouge pour les montrer à l’opprobre des « saines » populations.

F : Qui donc peut croire que les vrais amateurs qui ont le sens inné de la mesure, même lorsqu’ils approchent des rives étonnantes décrites par Baudelaire, Rimbaud, Apollinaire, qui donc peut croire que le langage si vulgaire dans son argumentaire, du Ministère de la Santé, va nourrir leurs neurones d’un « vade retro, satanas » ? Qui peut croire, à l’autre bout du spectre, que les soulots locataires des ponts parisiens vont modifier ne serait-ce que d’un chouilla, leurs habitudes du « gros rouge » alors que chacun sait que les binges (?) des jeunots sont à base d’alcools forts et bon marché ? Oui, là nous sommes coupables de ne point avoir appris à nos enfants à quel point le vin, à tout point de vue, était nettement autre chose qu’une rasade de gin mouillée à du sucraillon américain. Mea Culpa !

G : Plus généralement, on voit là, comme en matière de circulation routière, que nos « élites » sont totalement incapables de mettre en place, dès les jeunes années, une réelle éducation avec comme but final de rendre les gens responsables. Ils partent du principe qu’en deça de leur niveau – eux, ils peuvent  – seule la punition et le répressif peuvent leur permettre de garder un certain contrôle sur ce qu’ils considèrent, sans le dire, comme un « Lumpen Prolétariat ».

H : Bref : on a bien compris le message : restons droit dans nos bottes, continuons à honorer avec sagesse et modération ce bon Bacchus qui reste une création biblique (ne jamais l’oublier) et surtout ne rentrons point dans l’argumentaire insipide et tellement médiocre de nous dire comment vivre. Laissons les jacasser et buvons à notre santé !

Du beau

Je vais vite vous conter un voyage en Bourgogne avec 3 visites où le merveilleux côtoie le sublime dans un cocon de générosité et de modestie rarissime qui est la signature majuscule de cette région bénie des dieux. Ce sera un beau lavage du corps et de l’esprit faisant suite à cette pollution inutile de petits esprits se croyant supérieurs. Les imbéciles ! Ils n’ont vraiment rien compris de la vie ! Et c’est tellement difficile de pardonner aux médiocres !

3 commentaires

  1. Toujours sur le triste sujet des biais en informations et communications, lire le dernier billet de Nicolas de Rouyn sur l’émission CASH qui a traité des pesticides :
    http://bonvivantetplus.blogspot.fr/2018/03/les-pesticides-la-tele-scandale-et-une.html
    Là encore, devant des a priori qui devraient être interdit sur des chaînes publiques, le lecteur appréciera le ton modéré et circonstancié des institutions bordelaises répondant aux erreurs et autres biais de ces communicants à la mode !

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  2. La good news du jour : notre Président, qui avoue apprécier le vin à tous ses repas, nous rappelle ce mot de Pompidou : « Arrêtez d’emmerder les français » !
    Tout est dit.

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  3. Vous aimez le Sauternes sans oser en boire régulièrement ? Lire alors le dossier complet dans le dernier n° de la revue VIGNERON. Le Comte Alexandre de Lur-Saluces nous raconte à quel point cette appellation mérite mieux et reste un apostolat pour les vignerons du lieu !

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