Astrance : un vin d’émotion

Pour plagier un chouilla notre ami Angelo Gaja, nous confirmons volontiers sa comparaison entre Europe et USA. Là où John Wayne impose une puissance naturelle mais sans jamais faire de joyeux zizipanpans en donnant plutôt priorité à sa winchester et là où Marcello Mastroianni ne pense qu’à ça avec un finish cigarette au bec, notre coeur balance selon nos humeurs du moment. Il y a comme ça des jours où on est John et d’autres où on est Marcello ! Va savoir Charles ! …

Il en est de même dans notre amour du vin. Selon les moments, on honorera à grand bruit un solide Sine Qua Non ou un voluptueux Harlan bien né ou alors on versera la petite larme d’émotion, signe silencieux d’un profond respect et d’une affection totale pour un cru ligérien ou bourguignon développant une finesse vous conduisant de facto au péché de concupiscence bacchusienne.

Et bien, voilà ce qui vient de se passer ce jour, alors même que notre ami Jacques Perrin, pourtant classique Zwingliste de gauche, est devenu, le temps d’une cuvée « Pinot Noir » réalisée avec son ami Maurice Zufferey, un solide chrétien de droite (le gauche étant totalement incapable d’une saine et juste appréciation de la chose biblique qu’est le vin) pour lequel la jouissance n’est plus faute à purgatoire ou enfer ! Perrin 2                            Le nom de cette cuvée : ASTRANCE. Millésimée 2013

C’est quand même assez singulier ces mariages instantanés entre un Vigneron et un Caviste ! On ne sait trop ce que chacun apporte en dot, mais le résultat est là avec ASTRANCE : on est de plein pied dans la beauté du cépage le plus capricieux sur cette planète et on sent que chacun y a été sur la pointe des pieds. On retrouve là d’ailleurs l’approche tout en pointillé d’autres vignerons de référence pour lesquels leur métier ne peut se concevoir qu’avec amour et don de soi. Ils ont comme prénoms Frédéric, Eric, Aubert, Emmanuel, Henry, Alexandre, Francesco, Dominique, Stéphane, Pierre & Jean, Egon, Helmut et quelques autres, tous ayant cette modestie et cette simplicité des « grands ».

On sait que Poussier, Beaumard, Petrus (dit Antoine) et même Philippe Bourguignon ont franchi ce pas : passer de prescripteur à faiseur. Ce sera intéressant, un de ces jours, de pouvoir déguster le même jour le résultat de leurs travaux pratiques : restent-ils dans la bonne moyenne de la région ou sont-ils parvenus, dès le premier millésime, à se positionner dans le gratin de l’AOC ? Ils ont mon adresse ces coquins !

Une chose certaine : dans le cas de Jacques Perrin, l’Astrance est dans la cour des grands. Espérons qu’il n’a pas passé toute cette cuvée au chef si discret du restaurant triplement étoilé du même nom ! Si c’est le cas, il sera sérieusement morigéné !

Et s’il y a d’autres millésimes, on les veut de pied ferme pour le prochain VDEWS ! Ne jamais oublier nos amis SGM !

Bravo Jacques : c’est du tout beau !

4 commentaires

  1. Oui : tu fais un gentil mail à Nicolas Herbin, à Cave SA (c’est lui qui bosse quand le Grand Jacques prend soin de ses énormes vaches combatives) et gentiment tu lui rappelles qu’on a des amis sici… grand man… (mes célébrissimes ASGM). Mail de Cave SA : tu l’as.
    Sans discussion, c’est vraiment pas mal du tout et là, je suis en plein « understatement » !
    Que la vie te sois douce 🙂

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