Armagnac en Ténarèze

Un réveillon dans le Gers implique certains principes :

– trouver une auberge accorte et fidèle aux principes ancestraux de l’accueil du voyageur

– trouver un gîte permettant des moments de sustentation des appétits Comus & Bacchus au niveau des us et coutumes de la région

– et si l’on bénéficie d’un temps plus que clément, ne pas hésiter à faire gente ripaille dehors.

Ce fut amplement le cas pour entamer un nouveau millésime qui aura fatalement, comme le précédent, son lot de bonheurs et de malheurs.

L’AUBERGE

Gérard Tête a créé une petite auberge de 15 chambres parfaitement agencées et dont les prix permettent difficilement de dépasser un budget, nuit et repas sérieux, de € 150 pour deux personnes.

DSC08711La ferme de Flaran – Bagatelle, sise à Maignaut-Tauzia

Le très volubile Patron, Gérard Tête est un ardent défenseur de l’Armagnac, Ténarèze ou Grand-Bas, et reste un passionné des « non-flottés » ce qui exige d’attendre au moins 40 ans… chose quasi impossible de nos jours. Mais, comme le petit village gaulois, il reste au moins un distillateur qui propose cette rareté :

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IMG_5649.jpgBon : ça titre plus de 50° : une boisson d’homme comme disait si sagement Lino Ventura

Comme le montre la photo du billet, le choix est impressionnant. On y trouve même le célébrissime Laberdolive qui fut lancé par Bocuse et ses copains, du temps des grandes heures avec Gault-Millau. Mais seuls les très vieux millésimes peuvent se dire « non-flottés », c’est à dire sans ajout d’eau distillée pour diminuer le degré lequel, normalement, baisse tout doucement dans les barriques hors d’âge que conservent encore quelques trop discrets distillateurs. Ce qui explique l’attente « normale » de 40 ans !

Pour le casse-croûte préalable au réveillon, que des choses simples mais de qualité incontestable. A commencer par les pains exceptionnels de la Boulangerie Lamour à Bordeaux (http://maisonlamour.fr/) , honorée du titre de « Meilleure Boulangerie 2017 » par de sérieuses autorités.

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Quleques topettes pour étancher de justes soifs dont le Haut-Carles 2010, de toute beauté, et la cuvée Renaissance d’Henry Marionnet. Un beau Muscat de Trimbach qui fut suivi d’une Frédéric Emile enthousiasmante. Le Montus 89 ne montra aucune fatigue : euphémisme. Le Franz Haas étonna tout le monde comme le Bellavista de Franciacorta. Avouons que le sommet fut le Gevrey-Chambertin PC les Champeaux 2011 de Jean-Michel Guillon. Voilà un vigneron bourguignon, adepte fervent du HVE (https://fr.wikipedia.org/wiki/Haute_Valeur_Environnementale) qui ne se gêne pas de titiller les grands noms de la Côte de Nuits. Son simple « Queue de Harang » est déjà un cru méritant le respect des amateurs d’autant plus qu’il pratique encore des prix dans nos budgets de petits amateurs. Oui, on n’avait point oublié une Olio de ColleMassari ni les Canelés de la Toque Cuivrée que bien des amateurs mettent en première position à Bordeaux.

Les deux pièces de viande attendant sagement le grill au feu de bois ? Cela s’appelle des Demoiselles : ce sont les carcasses des canards desquelles on a retiré soigneusement les foies gras. Il reste les aiguillettes et quelques nonosses à grignoter à mains nues, sans façons. Nous étions 8 pour quelques repas, donc tout fut très raisonnable :-). Les pintades farcies du Poulailler d’Augustin et le Chapon de noble origine furent à la hauteur de ces crus européens.

On est certes bien loin des tables macaronnées aux menus dispendieux, mais dieu, qu’une telle simplicité avec des produits excellents peut compenser les luxes et voluptés des menus à rallonge générateurs de lendemains délicats !

N’oublions pas la culture. D’abord, les routes du Gers sont des petites merveilles courant d’une colline à une autre et offrant des paysages d’une réelle beauté. J’imagine facilement les raids amicaux de porschistes ou ferraristes soignant leurs joints de culasse tout autant que leurs appétits de cou farci et autres joyeusetés locales.

Que des bastides ou châteaux à perte de vue ! Sans oublier les pigeonniers que de grands bourgeois ne manquaient point d’ajouter à leur demeure. De Montréal, on voyait même les Pyrénées enneigés ! C’est vous dire la qualité de la météo ce 31 décembre et 1 janvier. La plus belle visite fut pour Larressingle (http://larressingle.free.fr/), un château-fort absent de touristes, un luxe rare, comme à Saint-Clar (https://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Clar), une grosse bourgade bénéficiant de deux places à arcades (localement on dit arceaux mot qui aurait créé arsouille… mais là, c’est fumeux de fumeux !).

Les abbayes ne manquent pas à l’appel. Condom reste le centre de ce Ténarèze et il ne vous reste plus qu’à y organiser un beau week-end au printemps. Un fournisseur d’armagnac sympa qui s’appelle Patrick Giacosa (!) : vous le trouverez à quelques kilomètres de Condom, au château Courréjot (https://www.ladepeche.fr/article/2017/08/28/2634805-il-fait-redecouvrir-un-cepage-oublie.html) où il est le seul vigneron à cultiver le cépage Meslier-Saint-François, un peu comme Belluard et son Gringet. Oui : il a de la Folle Blanche et je peux vous dire qu’elle est extra !

Giacosa.jpegPatrick Giacosa : parlez lui en italien : il adore ! © photo « La Dépêche »

Que le nouvel an vous soit grand !

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