La Champagne en plein renouveau ! Vigneron N° 31 (vive Rayas) et autres objets de cadeaux de fin d’année.

Les derniers mois de l’année sont l’occasion pour la presse du vin de dire merci à leurs annonceurs « Champagne » lesquels sont, de loin, les plus gros contributeurs à leurs finances. Un juste retour d’ascenseur qui n’empêche pas l’esprit critique sans lequel cette presse devient simplement un relais de publi-reportages.

RVF, MAGNUM et autres magazines du secteur y vont donc de leurs couvertures et annonces de nouveaux noms inconnus du grand public, et consacrant des « petits » propriétaires privilégiant leurs terroirs alors même que pendant des décennies, le Champagne était avant tout un savant assemblage de crus permettant aux grandes maisons de négoce de proposer à leurs clientèles un style parfaitement identifiable.

On se rassure très vite : il y aura toujours une place pour ces deux approches, et c’est tant mieux.

Ainsi le dernier opus de la revue VIGNERON, son n° 31, présente 26 Domaines (page 160 à 214 par ordre alphabétique) dont j’avoue ne connaître que quelques noms comme Selosse, Egly-Ouriet, Moncuit, Gimonnet et Agrapart. Mais on a aussi une présentation aérée de 21 cuvées de grandes maisons capables de satisfaire vos invités le 31 décembre.

Dom Pérignon qui devient nettement une marque à part, va présenter ses nouvelles étiquettes P2 et P3 qui vont remplacer la fameuse série Oenothèque, le joyau absolu des collectionneurs comme l’est également la série des RD de Bollinger.  On va apprendre de plus en plus à considérer les vieux champagnes comme de vrais vins qui développent alors des complexités, des saveurs à vous rendre amoureux… sauf si vous êtes un fana de la bulle laquelle, on le sait, tend à devenir discrète avec les années. Lire l’expérience de l’auguste François Audouze (page 16) sur le 1947 de Veuve Cliquot Ponsardin ! Un sommet en son genre…

On n’oubliera pas dans le trio de tête de la région de citer Roederer et sa cuvée Cristal dont le 2002 restera gravé à jamais dans toutes les têtes des participants du VDEWS.

Bref : pour que votre cadeau de fin d’année sorte de l’ordinaire : acquérir ce n° de VIGNERON et l’offrir avec un de ces nouveaux champagnes privilégiant le terroir.

C’est également l’occasion ou jamais d’apprendre enfin à vos amis que le Champagne n’a point besoin de flûtes ou de coupes dispendieuses, mais qu’un vrai verre à dégustation comme celui que nous prenons à Villa d’Este où il est notre Partenaire depuis des lustres, le Royal Glass, peut parfaitement faire l’affaire : il est proposé en deux exemplaires dans un coffret avec un livret sur la dégustation, dans toutes les bonnes librairies de France et de Navarre et sur les sites internet pour un prix plus que modique : moins de € 23 ! Chipotez pas ! Prenez deux coffrets !

http://www.royalglass.fr/index.php?lang=fr

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Tant qu’on reste dans les cadeaux autour du vin, parlons du dernier joujou technico-bluetooth. Toujours soucieux d’investir pour mes lecteurs, l’objet est arrivé ce jour et on va le tester comme nous avions testé le Coravin avant même qu’il soit importé en Europe.

Là, il s’agit d’un « OENOSCAN » dont je vous laisse le soin de lire l’argumentaire sur leur page web : http://myoeno.com/fr/.

IMG_5566.jpg

On vous dira tout ! Ne pas oublier d’intégrer dans votre phone ou tablette l’application (gratuite) nécessaire à son fonctionnement.

Revenons au n° 31 de VIGNERON

Deux sujets ont retenu toute mon attention.

D’abord, de la page 34 à 38, une sorte de testament d’Alain Dutournier, –  » le chef dont tout le monde sait qu’il vaut *** du Guide Rouge… qui n’ose plus le passer de ** à *** tant cela le ridiculiserait dans cet ostracisme où il a placardisé le Carré des Feuillants » – lequel est le parfait successeur d’Alain Senderens pour le respect qu’il donne au vin dans son restaurant. Lire tranquillement ces pages accompagné d’un verre d’un beau Kabinett d’Egon Müller, c’est une leçon de vie et de choses. Un beau voyage sur les évolutions des goûts depuis le siècle dernier.

Alain.jpgAlain Dutournier à la première session du GJE en 1996. Photo © du grand Peter Knaup. Je vous rassure : en 2017, il a toujours ces ondulations capillaires… certes, un peu plus discrètes 🙂

Ensuite, les pages sur une idole que je n’ose fréquenter qu’une fois par décennie tant on peut sortir épuisé de bonheur d’une visite chez lui : Emmanuel Reynaud. L’Homme de Rayas, de Fonsalette, du Château des Tours est tout simplement unique parmi les grands vignerons européens. D’abord un sens de l’humour et de la litote comme personne, et des impatiences immédiates dès que vous lui dites des banalités ! Bien se préparer avant la visite du Domaine et retenir ses exclamations en entrant dans la cave sous peine de renvoi quasi manu militari ! Et dire qu’avec tout cela, il a une cote d’amour comme dieu pas permis ! Quand je dis que le bon dieu a fait l’erreur de sa création en mettant ce terroir de Rayas au sud alors même qu’il eût été un parfait voisin des grands crus de Vosne-Romanée !

Bon : il ne me reste plus qu’à commencer à jouer au LOTO si je veux acquérir la DB 11 d’Aston Martin décrite page 50.

Message alors pour Orianne Nouailhac, éditrice de VIGNERON : chercher une plume de la qualité de celle de Monsieur Jacques Chevalier… mais dans le monde musical : ce sera plus à notre portée 🙂

Un grand merci pour ces moments de lecture où chacun peut trouver son bonheur !

 

 

2 Comments

  1. Je viens de finir la lecture du portrait de Mr Reynaud. Les riches anecdotes complètent encore ma culture sur la légende des domaines cités mais surtout sur celle des hommes qui l’ont construite.

    Je rencontre Mr Reynaud une fois par an. Deux, si quand je « ré approvisionne » aux Château des Tours, il s’y trouve. A chaque fois, on pourra être impressionné par le contact qui va s’opérer : selon le moment, le temps, ses vacations. Et à chaque fois on se laissera charmer par le tempo qu’il aura choisi d’imposer.

    Pourtant, si on lui « résiste » un peu, on pourra alors vite s’apercevoir qu’il est lui aussi intéressé par son visiteur et qu’il souhaite apprendre de vous : pourquoi vous êtes là, ce que vous cherchez, ce que vous aimez, ce qui anime votre démarche (gare aux opportunistes). Il saura se mettre à votre portée et parlera avec vos mots de ce que vous avez ressenti en buvant ses vins, vous parlera du travail qu’il vient d’effectuer, de la pluie qui ne vient pas et des vendanges repoussées, du froid et du gel, du soleil ou du touriste hollandais qui vient de partir et qui pensait être dans une coopérative.

    Comme le vin, les relations de confiance prennent du temps. Il va s’agir maintenant de découvrir ce qu’il a décidé de vous offrir dans ce discret carton blanc (« offrir » c’est drôle d’avoir écrit ce mot, tiens !). Posé sur le coin du vieux bureau, il va prendre le temps de vous l’expliquer en tout cas.

    Il m’est arrivé ensuite de chaleureusement le remercier, de quitter les lieux en apparence paisiblement, la tension à 20, et d’ouvrir mon carton au détour du premier chemin pour m’extasier. C’est bien tout cela qui rend les instants passés avec ces hommes magiques.

    Peut-être qu’un jour je visiterai RAYAS. Je ne lui demanderai pas. Mais quand cela arrivera, tous ces souvenirs en feront une expérience inoubliable.

    Bon dimanche.

    Frédéric

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  2. C’est bien là l’homme que j’ai connu : finalement une sensibilité particulière qu’il cache parfois sous un humour quasi ravageur et à contre-emploi !

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