Le verre à moitié plein et le verre à moitié vide.

Dans les appréciations qu’on peut lire ici et là sur des dégustations de vins, il y a finalement deux approches fondamentales :

  • la critique « pure » indépendante du contexte, disons, pour résumer, celle des oenologues qui sont là par métier pour des analyses techniques : recherche des défauts, des déséquilibres, du respect ± obligatoire des règles de l’appellation.
  • la critique « émotionnelle » où les circonstances de la dégustation ont un impact certain et où le ressenti du dégustateur joue un rôle essentiel.

Deux exemples récents peuvent être pris en considération :

Les commentaires d’Oliv sur le site LPV relatifs soit à la verticale des Valbuena soit à l’atelier « riesling » (et autres à suivre) qui se sont déroulés lors du dernier VDEWS, ici :

http://lapassionduvin.com/forum/a-propos/45813-villa-d-este-wine-symposium-2017

Le rapport général écrit par Angélique de Lencquesaing sur cette même édition, particulièrement son point de vue sur la comparative de deux crus du Domaine Armand Rousseau, ici :

http://www.idealwine.net/wine-symposium-au-lac-de-come-et-verticale-armand-rousseau-le-temps-suspendu/

Sans discussion possible, ces deux types d’approche sont intéressantes pour l’amateur. Selon ce qu’on attend d’un critique, cela peut parfaitement prendre ces deux formes d’analyse, l’idéal étant sa propre capacité d’associer ces deux façons de voir les choses pour son propre point de vue.

Certes, il y a de nombreuses passerelles entre ces deux types de critiques; certes, comme on l’a connu durant les 20 ans du Grand Jury Européen (GJE) où les dégustations se faisaient à l’aveugle, et donc sans influence de l’étiquette, le cru peut être ressenti bien différemment. Mais force est de constater que toujours la subjectivité a un impact majeur découlant de la façon individuelle d’apprécier un vin.

Si on revient aux réalités : à savoir que le vin est généralement consommé en convivialité à table et que les dégustations, comparatives ou non, ne sont qu’une infime méthode utilisée par des Clubs ou des professionnels dont c’est le métier, on en vient à ce qu’attendent les amateurs. Qu’on leur dise en termes compréhensibles les plus et les moins d’un vin – attaque, déroulement en bouche, finale, équilibre, complexité des saveurs, capacité d’évolution – avec alors la possibilité de juger de son propre goût par rapport aux références des critiques. On étalonne ainsi son goût à un nom qu’on peut suivre ensuite dans sa vie d’amateur. C’est un leit-motiv chez les « parkériens » américains, chez certains lecteurs d’autres noms comme Tanzer, Galloni, Neal Martin, Kevin Shin, Payne, Bettane, Citerne, Oliv et autres noms connus. Comme en politique où on aura toujours des girondins et des jacobins.

Tout ce bavardage pour dire quoi ? Tout simplement qu’en matière d’opinions sur le vin, il n’y a pas d’absolu ! Le vin est avant tout un produit vivant, une alchimie mouvante entre un homme, un terroir, un climat et surtout ne jamais oublier que chaque bouteille a cette capacité confondante de pouvoir offrir à un moment donné des sensations, des émotions uniques, non reproductibles d’autant plus fortes qu’on avance dans le temps.

Le contexte reste primordial, majoritaire. Suivre un des cours du Grand Tasting – http://bonvivantetplus.blogspot.fr/2017/11/au-grand-tasting-on-accorde-les-vins-et.html– ou consommer à table avec des amis sans chichi, ce sont deux choses bien différentes.

Bref : il y aura des jours où vous serez du côté du verre à moitié plein, d’autres du côté du verre à moitié vide. Pas grave : l’essentiel sera toujours de ne jamais oublier que ce que vous consommez est le fruit du travail annuel d’un homme et que cela mérite un réel respect, sans oublier le rôle de votre propre goût lequel, fatalement, va évoluer dans le temps. C’est là la dimension « passion » que peut apporter le vin. On ne ressent pas cela avec des carottes ou une côte de boeuf, avec tout le bien qu’on peut penser de ces deux aliments !

🙂

… il y a de la pomme… il y en a aussi !

Toute une époque où Carmet et Depardieu étaient d’immenses critiques ! Si, si !

Photo du billet : ce jour là, pas de verres à moitié vide ! Fusion des deux approches : dégustation comparative « per se » et appréciation à table avec des mets du Chef Alain Pégouret.

 

 

 

 

 

 

2 Comments

  1. Bu Rougeard Bourg 2001 avant-hier.
    Un très bon vin, très fin, mais pas totalement à mon goût (manque de complexité).

    Le Chambolle Amoureuses 2006 bu dans la cave avec un Jacques-Frédéric Mugnier acceuillant, prolixe et soucieux, m’a fait une forte impression (ses 2016 sont sublimes).

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s