La soirée au Park Hyatt avec Château Pauqué et Pape-Clément

Soirée particulièrement réussie pour les 40 convives, aussi bien pour les mets du Chef Jean-François Rouquette (* Guide Rouge) que pour les vins du jour, sans oublier les moments « jazzy » avec Nicolas Dautricourt et son pote contrebassiste norvégien Kurt Erik Sundquist.

Si le millésime 1979 de Pape-Clément avouait des faiblesses de faux goût, les millésimes 1967 et 1983 étaient simplement de pures merveilles. La couleur du 1967 (50 ans !!) n’avait rien de tuilé, restait éclatante. Le vin nous offrait encore une finesse exceptionnelle et avait cette caractéristique si évidente du terroir avec ses nuances magiques de fumé, de truffe. Aucune faiblesse, que du beau ! Le 1983 quant à lui avait cette puissance de ce grand millésime bordelais et là encore offrait une palette de saveurs envoûtantes.

On a rappelé dans les discussions le fait que lorsqu’on a de tels vins devant soi, il faut impérativement rendre un hommage aux propriétaires-vignerons de l’époque qui basaient leurs travaux sur leurs connaissances quasi exclusives du moment. C’est à dire sans techniques spéciales de vinification, sans consultants, sans machines cryo ou autres. Je me permet, avec sa permission, de citer une partie du dernier commentaire d’Hervé Bizeul sur son propre blog où il évoque ces « vieux » millésimes : tout est dit !

http://www.closdesfees.com/blogs/2017/09/23/vendanges-2017-jour-18-le-temps-des-carignan/

J’aime ces millésimes à Bordeaux, que j’ai tant goûté et dont les vieux parlaient avec pudeur, sans s’approfondir, tout simplement parce qu’ils n’y étaient… pour rien. D’abord, il n’y avait aucuns moyens techniques, ni à la vendange, ni à la cave. On vendangeait dans des comportes en bois, le raisin mettait des heures à arriver au cellier, tiré par des chevaux, en plein soleil, était encuvé parfois le lendemain, égrappé sans conviction, peu pompé (et longtemps à la main), ni refroidi, ni chauffé, souvent laissé purement et simplement à lui même. Pensez vous, Madame, Michu, ces pauvres gens n’avaient même pas de «consultants», c’était la misère… Et les vins, tout d’un coup, pas toujours à la vendange, ni à l’écoulage d’ailleurs, mais plusieurs mois ou années après, se révélaient : ils «tenaient». Un an. Dix ans. Trente. Cinquante. Sans que personne n’ai jamais pu m’expliquer vraiment pourquoi… Et ce contrairement à bien des millésimes récents, passés par je ne sais combien de tubes et de machines, tripotés par je ne sais combien de mains, enfarinés de je ne sais combien d’intrants plus ou moins reluisants, dont chaque bouteille, dix ans après, vingt ans après est une nouvelle déception, de plus cuisante au fur et à mesure que passe le temps…

1959,tiens. A l’époque, j’ai cherché, c’était bon, certes, mais on pensait que «ça ne tiendrait pas». D’ailleurs, on en a beaucoup bu, parce qu’un «tien vaut mieux que deux tu l’auras». Et pourtant, quel millésime, aujourd’hui encore. Latour 59 reste un des vins que vous pouvez ouvrir sans me vexer si je viens diner chez vous 😉 Sans parler que Les millésimes «fondamentaux» sont parfois généreux, parfois avares au niveau des volumes. En fait, on a beau faire le paon, on ne SAIT pas…

Décidément plus que pensif, à vendanger mes derniers Carignan, mes merveilles, mes beautés, je me disais :  y’a t-il des châteaux qui ont raté 45 ? Un vigneron qui ne croyait pas au millésime en 59 et a vendangé trop tôt ? Un qui a raté 45 en Bourgogne ? 61 en Côte-Rotie ? Et pourquoi la Chapelle, en 49, a t’elle été un Hermitage si différent ? Et Rayas en 53 ? Si je pouvais éviter d’être le mec qui passe à travers un millésime de ce genre, ce serait bien. Alors, en 2017, j’ai traversé mes parcelles le nez au vent, sans m’arrêter, cherchant des signes…

Inutile de dire que nous sommes là totalement en phase avec ce beau texte d’Hervé.

Quant aux crus de Château Pauqué, cette propriété luxembourgeoise d’Abi Duhr, c’est simple : cela a été une superbe découverte pour nos participants tant le 2009 et le sublime 2005 ne montraient aucun signe de fatigue : euphémisme majeur ! Des vins ayant encore de véritables capacités à tenir dans le temps, avec ce velouté si caractéristique des crus de ce Domaine. Un mien ami italien, grand producteur devant l’éternel, à qui j’avais offert la cuvée Paradeïs dans le millésime 2001, pensant devoir le mettre à l’évier (si, si !) a été à tel point stupéfait qu’il m’a sorti de mon premier sommeil pour me dire sa stupeur devant les qualités exceptionnelles que cette bouteille lui a apportées sur des vongole et un plat de poisson correctement apprêté et avec une évolution vers plus de complexité.

Le VT 2005 au Park Hyatt était géant tant il est difficile, on le sait, pour les vins liquoreux de garder une réelle fraîcheur en finale sans un alourdissement qui est si fréquent avec des sucres dominants. Une beauté totale, très largement à un niveau international.

Quelques photos de cette soirée : © Natacha Blanc

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Le Chef Rouquette aux manettes

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Le restaurant Orchidées où se déroulent nos réunions

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AUTRES PHOTOS DE PARTICIPANTS

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Mise au point déjà touchée par quelques brumes de Château Pauqué 🙂

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Nicolas Dautricourt et son épouse Olga

Et vivement la prochaine réunion du Club, fin novembre,où Roberto Voerzio nous fera taster quelques crus de Barolo sur un menu de truffes blanches d’Alba ! Ça promet 🙂

Et chiche qu’en blanc, on trouvera quelque chose où il y aura le mot Montrachet ou Corton Charlemagne ! Pas question de se laisser aller : on tient à ce que nos membres ne me morigènent point ! Manquerait plus que ça !

3 Comments

  1. Je ne résiste pas à une sortie politique laquelle : « it makes my day » :

    Au sujet de Dame Martine Aubry :
    « À quoi cela sert de franchir le rubicon si c’est ensuite pour aller à la pêche à la ligne ? »

    Totalement hors sujet, mais, sorry, je n’ai pu m’en empêcher 🙂

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  2. Encore hors sujet :

    Une lecture de WE : HISTOIRES DE LA MER par Jacques Attali

    Si comme tout un chacun, on peut avoir des réserves sur Jacques Attali, on ne peut pas ne pas lui accorder sa façon de voir les choses au niveau planétaire et historique. Impressionnant ses démonstrations sur le rôle de la mer dans le développement des nations, surtout le fait que les grandes nations, les grandes villes ont toujours été celles qui donnaient plus d’importance à la mer qu’à la terre. La mer apporte la notion de risque, d’échanges, de découvertes alors que la terre privilégie surtout la notion de rente.
    Dispo sur Kindle.

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  3. Musique :

    Si vous voulez qu’on reste en bon termes entre nous, vous avez diantrement intérêt à acquérir les sublimes 3 DVD Blueray que Warner Classic a produit sur Maria Callas. Certes, ce sont des prises de vue des années 50 et 60, mais le remastering impeccable qui a été soigné comme jamais est un témoignage unique sur cette Diva Assoluta. Une pure émotion et avec deux versions de l’acte 2 de Tosca, avec Tito Gobbi ! On notera aussi à quel point Georges Prêtre était un tout grand chef. Sa direction dans l’Habanera de Carmen vaut à elle seule de jalousement garder dans sa bibliothèque ce témoignage d’un chef français, quasi inconnu en France et si bien reconnu à l’étranger.
    Même si vous êtes quasi-exclusivement amateur des Rolling Stones comme le Grand Jacques ou Etienne Klein, vous ne pouvez pas ne pas tomber amoureux de Callas ! Ou alors, cela voudrait dire que vous n’avez pas été construit comme il se doit 🙂

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