Divagations de week-end

C’est assez étonnant comme avec l’âge on se permet des drifts (image du titre) n’ayant strictement aucune justification si ce n’est une lubie de l’auteur.

Donc on aura sur ce billet un peu du n’importe quoi. Avec une série d’images glanées sur le stock impressionnant de photos numériques accumulées depuis des lustres : plus de 15.000 ! Ne jamais se dire qu’on fera un tri plus tard : cela devient quasi tâche herculéenne. Bon : je ne dois pas être le seul à faire face à ce genre de problème.

Mine de rien, un de ces jours, on montrera les images des grands vins ayant offert un niveau d’émotion qu’on peut qualifier de sans voix, ou, en briton, « speechless ».

On n’oubliera pas d’abord une petite leçon de français telle que savait nous en donner Gabriel Chevalier dans sa série Clochemerle. Ici, la description de la fameuse Toumignon

A propos de Judith Toumignon on peut sans crainte parler de chef-d’oeuvre. Sous les fascinantes torsades, le visage un peu large quoique bien galbé, aux mâchoires intrépides, aux dents irréprochables de mangeuse de bel appétit, aux lèvres fondantes et constamment humectées par la langue, s’animait de deux yeux noirs qui en rehaussaient encore l’éclat par opposition. On ne peut entrer dans les détails de ce corps trop capiteux. Les courbes en étaient calculées pour un infaillible circuit du regard. Il semblait dû à la collaboration de Phidias, de Raphaël et de Rubens, tant les masses en étaient modelées avec une absolue maîtrise, qui n’avait laissé nulle part d’insuffisance, mais très habilement forcé au contraire sur la plénitude, de manière à donner au désir des repères plus évidents. Les seins formaient deux promontoires adorables, et l’on ne découvrait partout que tertres, tremplins, attirants estuaires, ronds-points de douceur, monts et douces clairières, où les pèlerins se fussent attardés en dévotions, où ils se fussent désaltérés aux sources rafraîchissantes. Mais ces territoires foisonnants demeuraient interdits sans laisser-passer rarement délivré. Le regard pouvait les survoler, en surprendre quelque partie ombreuse, en caresser quelque sommet, nul ne devait s’y aventurer physiquement. Quant à la chair, elle avait une blancheur laiteuse et soyeuse dont la vue donnait aux hommes du GJE une voix rauque et l’envie de commettre des actes insensés.

Voilà une belle dictée pour les zeus de l’ENA qui ont quelques faiblesses niveau orthographe.

Parlons quand même un peu vin. Dans les années 70/80, au Piémont, il y avait une appellation qui avait un phare quasi monopolistique : le Gavi di Gavi de la Scolca.

On le trouvait facilement dans tous les bons restaurants. Depuis, avec l’explosion des Barolo, Barbaresco, Nebbiolo, les blancs du Piémont restaient des crus discrets en dehors de quelques noms comme ceux d’Angelo Gaja ou Vajra (intéressant riesling).

Mais voilà qu’un industriel passionné de vins est en train de finaliser un vaste domaine avec la ferme intention de remonter cette appellation GAVI vers de plus justes sommets. Le nom de ce Domaine : San Pietro.

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Un cru méritant de belle pureté

Mais venons en à un florilège d’images diverses :

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L’histoire de ce cru d’Ernst Loosen est particulièrement singulière avec ce Prélat que des vignerons courroucés ont précipité à deux fois – il ne voulait pas mourir – du haut d’une pente impressionnante où maintenant ce cru de référence a trouvé sa place parmi les grands vins allemands.

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Charles Rousseau : qui a été une mémoire unique de l’histoire de la Bourgogne dans la seconde partie du XXème siècle. Il avait son franc-parler comme personne.

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Quand une simple image résume tant de choses !

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J’ai toujours aimé ces dessins de Bédard

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Et tant qu’on est dans l’humour :

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Voutch m’a demandé dix ans pour penser un opus sur le vin ! Va falloir attendre 🙂

En préliminaire du florilège des grands vins d’émotion, deux crus valant le voyage, comme disait le Guide Rouge du temps des grandes heures :

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Certainement le vin italiénissime par excellence : un sommet de la Famille Valentini :

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Simplement un homme de la terre comme peu le sont. Il faut le rencontrer.

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Une visite au CERN avec Etienne Klein : accès pas facile, mais cela vaut largement le coup de s’inscrire pour une visite du syncro-cylotron. Philippe Bourguignon était tout ouï, mais pas sûr que le casque eût été d’un grand secours en cas d’incident !

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Oui : il y a en Helvétie un village portant le nom de ma famille où j’ai pris cette photo dont nous cherchons toujours le sens. Il y a des choses, comme ça…

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Un autre sommet dans les grands vins blancs européens. Un vrai Traminer, ce qui est quand même rare en Italie ou Autriche.

 

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Ce type de graphisme existe aussi pour positionner les caractéristiques majeures des vins.

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Willi Klinger, l’âme et l’Homme du vin autrichien : il nous manque un tel personnage en France, c’est évident ! Une passion pour son pays qu’il véhicule dans le monde entier… et ça marche !

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Deux piliers italiens du VDEWS : Mario Moreschi dont la famille anime une fabrique de chaussures de référence à Vigevano et Orazio Vagnozzi, venu sur le tard dans le monde des amateurs transis et en même temps un des patrons de KPMG en Italie.

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Escher m’a toujours fasciné. On peut rester des heures devant ses dessins et là, un petit jeu qui est toujours dispo – je crois – sur Iphone.

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Dieu sait qu’il y a des tonnes de photos de Stéphane Derenoncourt, mais ce N&B reste probablement la plus significative sur le chemin parcouru, le style de l’homme et sa réussite exceptionnelle.

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Simplement un chef d’oeuvre hélas peu connu en France. Toute une époque de la campagne française, un grand silence, des pages de vie qu’il faut voir comme on voit Citizen Kane d’Orson Wells. Oui, cela peut se trouver sur Amazon.

Je vous l’avais dit : une totale divagation en images : on a le droit de critiquer… mais pas en mélanchoniste hein ! Ça, ce ne sera point admis, non mais des fois !

2 Comments

  1. Merci François pour vos divagations poétiques toujours positives et pleines de recul.
    Vous avez la sagesse que je n’ai pas encore du haut de mes 38 ans…
    Bien à vous.
    Jean-Luc

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  2. Je ne sais pas si on peut utiliser le mot sagesse. Disons plutôt qu’avec le temps, on apprend à mieux relativiser les choses, à mieux les hiérarchiser. Ainsi, dans le monde du vin, plutôt que de partir dans des explications « techniques » avec des mots pas forcément compréhensibles par tout un chacun, il faut revenir aux mentions simples allant de « défaut » à « émotion laissant sans voix ».
    Ensuite, l’évidence d’une vie montre qu’on évolue aussi dans ses préférences. Le nombre d’amateurs passant de préférences bordelaises à des préférences rhodaniennes ou bourguignonnes – ou vice versa – est significatif.

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