Vin rosé et glaçons, Olio millésimée et Santenay « Les Gravières » de Borgeot

LES ROSÉS D’ÉTÉ

Soyons honnêtes : il y a des vins rosés qui méritent attention. L’exemple immédiat qui me vient est celui de Castello di Ama, en Toscane. Et Bordeaux, du temps des grandes heures, avait des « clairets » parfaits pour l’été.

Depuis l’an dernier, le rosé est devenu un produit de mode et bien des domaines s’y sont mis tant ce vin vendu rapidement apporte des trésoreries bienvenues alors qu’on sait que le vieillissement en chais des vins rouges requiert un financement loin d’être négligeable.

Mais quid des qualités intrinsèques que l’amateur peut espérer de tels vins rosés ? Dans les faits, il y a de la part des consommateurs une grande indulgence sur ce plan. Et personne ne va gronder tel ou tel convive qui va ajouter quelques glaçons dans son verre.

Certes, il y a des propriétés en Provence où le rosé est traité avec sérieux. Ce sont généralement des domaines où les autres vins, rouges et blancs, bénéficient à juste titre d’une réputation qui ne peut pas être entachée par un rosé quelconque. Il y faut du fruit, un équilibre, de la tenue, bref : il y faut du vin.

Quant au prix, si certains à coup d’opérations marketing/publicité en pleine page de revues ou quotidiens, poussent le bouchon un peu loin, les rosés restent abordables et même les restaurateurs savent que la clientèle n’acceptera pas facilement des culbutes supérieures à 5 ! Chacun sait qu’on peut acquérir un rosé correct à moins de € 10 la bouteille.

Il n’empêche : profitons de l’été pour la découverte de grands vins blancs d’été – tel ce beau Santenay PC « Les Gravières » 2014 De Borgeot en photo de titre – lesquels peuvent apporter d’autres dimensions gustatives ! Si le sieur Lichine a su accrocher quelques « musiciens » à devenir des supports inconditionnels pour son rosé haut de gamme vendu aux USA à plus de $ 100 – bravo à ce génie de la communication – , si des Maisons de Champagne surfent sur des cuvées très haut de gamme avec leurs champagnes rosés, restons calmes et sachons quand même, pour l’été, favoriser de beaux blancs et des rouges parfaitement adaptés à cette saison. La Loire est un vivier majeur pour cela, avec des gamay à déguster à des températures de 13°/14°. Utile de redire ici à quel points les cuvées « Première Vendange » et « Renaissance » de notre ami Henry Marionnet sont des petits joyaux en la matière !

OLIO MILLÉSIMÉE 2004 !!

Un mien ami, de passage pour quelque rangement de locaux dormants, a trouvé à l’abri de toute lumière deux bouteilles d’olio d’oliva que nous avions découvertes là encore du temps des grandes heures du GJE au début des années 2000 !

L’une provenait du Domaine Paradiso d’Alex Nember, un fondu exceptionnel qui avait tout revu sur l’huile d’olive de A à Z. Sur la lac de Garde, rive est, il a créé une propriété financée sur ses gains d’architecte reconnu.

http://www.lomejordelagastronomia.com/it/prodotti/essenza-d-oliva-alex-nember-fattoria-il-paradiso

Ses « mono-cultivar » (équivalent de « mono-cépage ») étaient une nouvelle approche comme cette Negrel de la photo et je ne sais – on a bêtement perdu contact – s’il a réussi à imposer sa vision des olio de grand luxe, car ses prix dépassaient les € 50 pour des bouteilles de 0,25l !

Olio Nember

DSC08185.JPG

Comme on peut le constater, la couleur reste nette et franche. Au goût, par contre, c’est clair : on n’a plus ce fruité envoûtant qui était la marque de fabrique de cette olio du nord de l’Italie. Le côté « gras » domine mais en aucune manière il n’y a excès d’amertume ou autres sensations oxydatives pouvant justifier de ne pas la consommer.

Un peu les mêmes constations pour celle de gauche, l’olio « U Trappitu » – une olio d’assemblage – produite en Sicile laquelle est encore bien en place sur le marché des olio haut de gamme.

C’est assez extraordinaire de constater ainsi à quel point, les grandes huiles d’olive, peuvent ainsi résister au temps ! Ces deux olio ont quand même 13 ans !!!!

Bref : une belle émotion et des souvenirs de visites sur ces deux propriétés où l’accueil était tout simplement exceptionnel. Les membres du GJE qui étaient avec nous pour ces moments rares s’en souviennent certainement.

Rappelons quelques points majeurs :

  • L’Italie produit dans toutes ses régions, Aoste excepté, des olio magnifiques : les références absolues en la matière. Finesse exquises pour les liguriennes, piquant marqué pour les toscanes, saveurs d’artichauts pour les siciliennes et partout, toujours, la règle de base : qu’il y ait le minimum de temps entre la cueillette à la main et le pressage afin de garder la fraîcheur et éviter une oxydation malheureuse.
  • l’Italie est le premier client des huiles espagnoles qui prennent alors une nationalité qu’elles ne méritent pas, alors même, quand même, qu’il y a en Espagne des olio de tout haut niveau. Mais bon : la demande « italienne » est telle que cette « fraude » est bien d’actualité ! Bref : faites gaffe : n’achetez que des olio produites dans les domaines reconnus et seulement avec les olives du dit domaine. On est dans l’Europe de l’UE fan de zou, et donc il n’y a plus de problème de douane ou autres taxes pour des livraisons rapides entre les pays de cette Union Européenne ! Faites l’effort de recherches idoines sur le web : chacun pourra y trouver son bonheur et laissez les « première pression à froid  » de vierges pas du tout effarouchées sur les rayons de super-marchés prioritairement soucieux de rentabilité financière, sans trop d’égard pour de vrais produits authentiques.
  • Les grandes olio italiennes méritent largement qu’on les paie à un juste prix et le premier lecteur qui n’accepte pas de consacrer entre € 15 et € 25 à une olio de 0,5l méritera une sévère réprimande. Une telle bouteille, quand même, « tient » une bonne semaine alors qu’un vin sera consommé en une journée.
  • Si en France on peut aimer parfois, souvent par tradition, des huiles qui ont un côté « rancio » bien marqué, vous ne trouverez jamais ce goût en Italie.

Tous les amis qui ont fait connaissance avec ces olio de domaines viti-vinicoles le savent parfaitement : comme les grands crus, il s’agit de consommer avec gourmandise ces produits de terroirs parfaitement excellents pour la santé, non seulement physique, mais aussi morale.

Cela devait être dit, écrit ! Je sais, je sais : pas facile de trouver des tomates honnêtes ayant le goût des tomates de jardins de nos grands-mères pour honorer de telles olio !

On vit quand même dans une époque difficile à certains égards !

Un dernier conseil : faites comme bibi : toujours une ou deux bouteilles d’olio dans la voiture pour des amis à remercier ou des restaurateurs à éduquer. Et ils ne manquent pas, ces bougres de tabliers blancs !

 

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