Evolution des blogs

Lors d’un dîner de travail relatif aux applications connectées pour le secteur « vins » (on aura un billet sur ce sujet tantôt), avec Antoine Petit, PDG de l’INRIA (https://www.inria.fr/centre/paris) et un de ses chercheurs, nous avons évoqué l’évolution de la communication internet, essentiellement les blogs tel que le nôtre.

D’abord une évidence : le nombre de lecteurs a considérablement chuté et cela n’est pas dû qu’au seul changement d’hébergeur : passage entre le défunt MABULLE et l’actuel WORDPRESS. Ceci dit, toujours sympa de constater, via les stats de WORDPRESS, qu’on a des lecteurs réguliers au Japon, Singapour, Chine et HK, USA, Canada et  là où on peut imaginer quelques heureux vacanciers : la Réunion, Thaïlande, Australie et cie…

On en cherche les raisons : billets moins intéressants ? Billets redondants ? Lecture plus difficile ? Style lassant, mal écrit, verbiage ? N’est pas Audiard ou Desproges qui veut !! Loin de là ! Va savoir, Charles…

Et l’évolution la plus nette est celle des commentaires ! Là où souvent on avait des échanges « allegro vivace » se quantifiant par dizaines, on est bien plus proche du zéro permanent. Warum ? Probablement un sentiment de lassitude, un besoin moins évident de ferrailler ou l’idée qu’on ne fait que redire, réécrire des évidences, des platitudes.

Bien : à la différence de la plupart des blogs « vins », celui-ci n’a strictement aucun but commercial, direct ou indirect, comme peut l’être un blog de vigneron ou de caviste. Ce qui veut dire un impact éventuel sur l’ego mais nada sur le côté business.

Enfin, l’amateur à la recherche de vins à acquérir à un bon RQP sait qu’il trouvera bien plus d’informations sur les sites directs des domaines ou sur les forums majeurs comme LPV et surtout sur les nouveaux outils comme VIVINO ou DELECTABLE (à ce sujet, lire l’article du Washington Post qui compare ces deux applications [ et sans oublier CELLARTRACKERS ] à cette adresse ) :

https://www.washingtonpost.com/lifestyle/food/delectable-or-vivino-a-wine-critic-compares/2014/07/10/18ad7c78-0604-11e4-8a6a-19355c7e870a_story.html?utm_term=.6bfa8857588c

Ensuite, et avec en tête l’exemple de Jacques Perrin, notre ami zwingliste de gauche bien connu de la population helvète, on constate que son écriture si distinguée a quitté le format « blog » pour le format FB. Plus concis, plus direct, en somme plus animé et en meilleure adéquation avec le besoin de lecture rapide et courte, associé à des images du moment, FB semble être l’outil en vogue. Il se trouve par ailleurs que notre logeur ici, WORDPRESS, met automatiquement en ligne les articles publiés ici. Une extension à suivre.

Bon : pas de panique hein ! Avec l’âge, on apprend la relativité des choses et c’est bien là l’essentiel. On continuera donc à blablater de tout et de rien, de décrire des évidences comme de parler de choses qu’on ne connaît pas mais en faisant semblant que… , et autres vulgates méritant des indulgences papales.

Ne pas perdre la foi ! Tout est là 🙂

Photo à la Une : lors d’une réception à l’Ambassade de sa Gracieuse Majesté, un briton de Père et de Mère – origine garantie – avait à ses pieds, surmontés d’un smoking de Saville Row, ces superbes pantoufles dont je fus jaloux pendant 10 secondes 🙂

 

11 Comments

  1. En ce qui concerne les commentaires et leur évolution, si j’en crois mon immodeste exemple : rien que de très normal. En effet, et au moins en ce qui concerne mon crypto blog, s’il est exceptionnel que des commentaires soient ajoutés à la suite des articles il est, en revanche, bien plus fréquent que les dits commentaires apparaissent sur Facebook (où je mets systématiquement les billets en ligne).
    Ce qui présente au moins l’avantage de ne plus avoir à modérer (comprendre « virer ») les trolls.

    Sinon, il y a tellement de blogs « vins » que le lecteur potentiel – dont j’imagine que le vivier n’est pas inépuisable – s’y perd sans doute un peu. Beaucoup.

    Sinon, sur le même sujet, je serais curieux de savoir si le changement de plateforme d’LPV a impacté le lectorat de quelque façon que ce soit

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  2. Sur LPV un simple suivi de ce qui s’y passe depuis plusieurs années montre à l’évidence que :
    – le ton devient plus convivial. Il est vrai qu’Audouze n’est plus là 🙂
    – les commentaires de quelques pointures habituelles continuent à être suivis par des anciens ayant donné depuis belle lurette une belle note de sérieux à ces pointures, type Oliv.
    – mais on sent quand même un petit manque d’enthousiasme face à une nouvelle neutralité porteuse d’un ennui potentiel.
    Bref : encore la loi de Gauss qui domine :
    – naissance
    – majorité et sommet
    – vieillesse et mort douce

    va savoir, Charles ! …

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  3. François résume admirablement la chose ! 🙂
    Ma boîte mail était régulièrement assaillie de plaintes comme l’atmosphère parfois costaude qui régnait sur LPV.
    Depuis la nouvelle plateforme et un trou d’air indéniable, il semblerait à certains que c’était mieux avant…
    Allez gérer une communauté avec des baromètres aussi contradictoires ! : )

    Je vous livre ma conviction personnelle et issue d’une quinzaine d’années de fréquentation du vinternet.
    Il y a deux décennies et plus, les débutants comme les très grands amateurs n’avaient comme source d’informations que deux ou trois revues et critiques en situation de quasi monopole.
    Les hiérarchies étaient aussi fortes que les hiérarchies statiques et les échanges limités à la seule sphère privée. La passion du vin comme elle s’exprime ici ou sur LPV, celle qui fait qu’on cause autour de la table et qu’on ne siffle pas son verre de Chambertin en se suffisant d’un simple « il est bon ton pinard » restait donc une attitude peu commune chez le commun des convives, tout le monde n’ayant pas la chance d’avoir un grand père amateur ou un tonton connaisseur. De la solitude du passionné…

    L’ouverture d’un espace de parole absolument inédit qu’offrait à ses débuts le web a permis à des connaisseurs au pedigree parfois digne des meilleurs professionnels de confronter leur expertise. L’internet a également permis à des régions historiquement défavorisées ou géographiquement éloignées de communiquer sur des vins que l’amateur ne connaissait pas.
    Pendant plus d’une décennie, ces espaces dans toute leur diversité ont permis, j’en suis convaincu, d’améliorer la culture du vin de nombre d’amateurs.
    Mais forums comme blogs, les espaces qui sont toujours en vie se sont construits sur une seule loi : la qualité régulière des propos mis en ligne, exigeant de la part du rédacteur, même pour une simple note sur un vin ou unee opinion sur un sujet oenologique, un réel travail d’écriture pour décrire correctement sa perception du vin goûté, sa vision de la biodynamie, sa lecture du vin ancien etc…
    LPV a plus de 15 ans d’existence, le GJE plus de 20 ans et ce blog sûrement plus de 10.
    Très peu d’espaces sur le web revendiquent une durée de vie si conséquente en parallèle d’un succès d’estime comme de trafic.
    Se renouveler est un défi quotidien, qui plus est pour un blog qui repose sur un seul rédacteur.

    Il m’est assez patent que la génération actuelle se satisfait d’une information plus illustrée que développée, le choc des photos d’une image de bouteille postée sur Instagram, Twitter ou Face Book accompagnée d’une bafouille laconique vite balancée semblant suffire à satisfaire l’ego de son émetteur. Mais quid du lecteur ?
    Idem pour les stratégie du pousse au clic dont certains sites institutionnels se sont faits spécialistes, créant un vent mauvais qui finit par épuiser toute envie d’y aller voir.
    Culture de l’exhibitionnisme contre celle du vrai partage, du « tu as vu ce que j’ai bu !  » vs « traduire pour d’autres ce que j’ai bu en mots », dictature de l’immédiat contre temporalité de l’effort créatif, quand l’outil technique permet une immédiateté creuse et vite oubliée au dépens d’un moment d’écriture à la pérennité relative mais par essence plus stable.

    La vérité est sans aucun doute et comme souvent dans un juste milieu, celui d’un outil technique confortable qui rend l’écriture facile et l’accès mobile à ce contenu facilité.
    En moins de deux décennies, d’un monde à l’accès de l’information excessivement limité, on est passé à un univers de données en myriades accessibles de partout et sans effort.

    Ma conviction reste que l’univers du vin, la poétique joyeusement foutraque qui en fait ce merveilleux outil à générer de la parole et de la convivialité, perdra peut-être son âme dans l’univers aride d’un monde de données BIGement traitées.
    Je me trompe sûrement, comme tous les vieux machins qui nostalgisent chaque jour un peu plus.
    Mais en attendant d’être enterré sous mes convictions de dinosaure quand tout mon univers virtuel rejoindra les technologies caduques, je continuerai à faire mon possible afin que l’univers que j’ai connu, celui des échanges de ressentis personnels comme d’informations sur le vin perdurent, c’est à dire apporte du contenu à ses lecteurs mais surtout mène à de formidables rencontres humaines autour du plaisir de partager quelques bouteilles autour d’une belle table.
    Et d’en parler un peu derrière afin de permettre à d’autres d’en croquer comme un bout.

    Mais soyez sympa, si vous pensez que j’ai tort, ne me le dîtes pas.
    Billancourt a le désespoir facile ! 🙂

    Amicalement
    Oliv

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  4. C’est pas parce qu’on cause moins qu’on lit moins !

    Presque gamin ! 😉

    PS subliminal : arrête de trop nourrir la grande perche de Houilles, il fait du gras !

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  5. Bon : pas grand chose à ajouter au long commentaire d’Oliv, particulièrement instructif sur cette évolution que l’on constate lors de la décennie écoulée.
    Et le fait qu’Antonio Galloni ait acquis Delectable montre bien que cette évolution vers une autre façon de communiquer sur le vin va s’affirmer internationalement.
    Ce qu’il faut espérer : le développement de clubs d’amateurs pour des échanges et pouvoir ainsi partager des bouteilles coûteuses dans des dégustations à la fois en aveugle et ensuite avec étiquette. Pas de meilleure façon pour affiner son palais et mettre en avant les jus sur les étiquettes.
    Ce que fait, par exemple, notre ami Matthieu Dibon est remarquable en ce sens. Et idem pour les soirées qu’organise CAVE SA à Gland chez nos amis helvètes.
    Ce passage de la lecture à la pratique sera un peu une sorte de récompense de ce qu’on peut souhaiter aux nouveaux amateurs ayant bien moins d’oeillères que notre génération.

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  6. Je me suis rendu compte de la baisse de la fréquentation du site Vdews à titre personnel et j’en déduis que , bien que lecteur toujours assidu, inconsciemment, j’avais moins envie de m’y rendre…Mon avis : Bien qu’en accord avec les propos du Sieur Oliv, je mets cela sur le compte de l »‘ergonomie du web » où encore « ergonomie visuelle »…en cherchant bien (cela saute aux yeux), attardez vous sur la page d’accueil du site « GJE », vous y trouverez une foultitudes de pistes….bien cordialement (j’entends par GJE l’ancienne page d’accueil du GJE…)
    LP

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  7. Merci à Oliv pour cette synthèse …

    La communication du vin change très vite et changera encore (plus vite) dans les 10 ans qui viennent.
    Qui peut dire ce que nous aurons en main (ou chevillé au corps) pour communiquer dans 5 ans ? dans 10 ans ?

    Dans l’exemple de Mosel Fine Wines de l’ami David Rayer, les réseaux sociaux sont une vitrine indispensable dans un monde de nomades virtuels de plus en plus pressés. Les articles de fond restent évidemment sur le site. Ils permettent heureusement que la pensée ne soit pas réduite à quelques instantanés visuels spectaculaires (on a là au passage un véritable enjeu pédagogique pour les nouvelles générations car la connaissance ne s’acquière pas en quelques clics).

    Le lecteur est forcément déboussolé dans les tsunamis informationnels que nous vivons aujourd’hui.
    La synthèse n’est pas aisée (malgré l’aide des outils statistiques et aujourd’hui des robots plus ou moins « naturellement intelligents »). Prendre du recul demande du temps.

    Et qui prend encore le temps de lire un compte- rendu de plus de 3 pages ?

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  8. Intéressante cette sortie, à la limite, assez passionnante !
    Qui me rappelle sans arrêt la courbe de Gauss, la seule courbe mathématique digne d’intérêt ! Même pas une sinusoïde ! Une montée, un sommet, une chute.
    Rien à blâmer : cela s’applique à tout : naissance, vie, mort. Pas de quoi en faire des tartines 🙂
    Ici, sur ce blog, ce sera plutôt une finale à répétition croissante, un peu comme ces pierres plates qu’on lançait dans l’eau en espérant le maximum de rebonds.
    Mais avec l’âge, vient avec bonheur une réelle distance avec ces choses, comme revient l’amour des choses simples : blanquette, pot au feu, tartine de truffes et moëlle.
    Bref : on aura encore des occasions de coup de gueule, de surprises en vins ou autres sujets amicaux, mais sans donner à tout cela des importances malvenues.
    Point de tristesses, point de récriminations, points d’abandons : simplement redonner à tout la notion fondamentale de relativité.
    Merci à Einstein, à Klein, à Vidal-Madjar, à Antoine Petit, ces grosses têtes dont la simplicité restera toujours « LA » référence qui devrait conduire nos écrits, nos pensées.
    Soyez certains que le jour où on quittera ce navire de la communication, modèle XXIème siècle, ce sera avec un simple mais profond merci.

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