Lecture du week-end : Revue Vigneron n° 29

Sur 232 pages au prix de € 10, cette revue prend de plus en plus un statut de référence dans la catégorie des hagiographies de régions, domaines, personnalités sans jamais oublier les premières pages d’éditoriaux divers et d’actualité.

Ce N° 29 présente ainsi une très belle brochette de Châteaux en appellation « Margaux » ainsi que des Domaines majeurs en Provence, choix judicieux pour l’été à venir.

Toutes nos félicitations à Jérémy Cukierman qui va pouvoir ajouter à sa carte de visite les deux lettres MW (pour Master of Wine) un diplôme créé chez nos amis britons, récompensant des intelligences capables d’avoir des connaissances en matière de vin largement au niveau des examens des Meilleurs Sommeliers du Monde. Dire qu’ils sont peu en France (Olivier Humbrecht en fait partie), c’est aussi montrer à quel point la préparation d’un tel concours est exigeant, ne serait-ce que par une maîtrise évidente de la langue anglaise. Bravo à Jérémy, éditorialiste de Vigneron ! Et, cerise sur le gâteau, sa page 34 est intitulée « La vallée de la Moselle allemande« . Un article écrit avec passion, connaissance et explication claire sur les arcanes des dénominations VDP et autres GG. C’est quand même la patrie des tout grands rieslings d’Egon Müller et de Roman Niewodniczanski (Domaine Van Volxem) ! Et de tant d’autres noms teutons qui font plus que grand !

Dans la catégorie « grands amateurs », François Audouze, l’antithèse d’un Michel Chasseuil, justifie sa passion des vins vieux qu’il préfère qualifier de « vins anciens ». Nous sommes dans un pays où le mot « Liberté » se trouve sur le frontispice de nos écoles et mairies, et donc son orientation vaut bien celle de ceux qui préfèrent les vins jeunes sur le fruit, nette tendance actuelle auprès des amateurs… ne serait-ce que par le fait que trouver de « grands » vins anciens, ce n’est pas la porte à côté.

En couverture (photo du billet) la nouvelle génération des Saint-Victor à Pibarnon et ces bras ouverts qui invitent au voyage : ne pas hésiter à y passer un après-midi en prenant, bien sûr, rendez-vous.

Mais le bijou de ce n°29, – et on va en trouver ci-dessous le pdf avec celui de Marquis de Terme (un cru classé de l’appellation Margaux qui promet) ainsi que le pdf de Villa Baulieu (oui : sans « e » à Baulieu) – ce sont incontestablement les pages résumant la longue carrière et les amours d’un Monsieur connu des plus belles propriétés viti-vinicoles, particulièrement en Rhône et Bourgogne : Monsieur Georges Albert Aoust. Non seulement il fut un dénicheur de beaux noms au temps des grandes heures, mais surtout il sut, patiemment, les faire accepter par des restaurants de tout haut niveau. La cave de El Bulli ? C’est lui ! La cave de Michel Bras ? C’est lui ! La lecture de ces 10 pages superbement illustrées est pratiquement un condensé du Gotha du vin en France. Regardez bien les photos des vins qui constituent sa cave : que du beau ! Ce qu’il dit du comportement du subtil et redoutable Emmanuel Reynaud, gardant, à ses frais, en cave, quelques vieux millésimes pour des restaurants fidèles : un modèle d’intelligence et de compréhension.

Toutes belles pages aussi sur Vincent Dancer passionné de photographies, dont il faut citer cette phrase :

« La mystique du vigneron m’exaspère. Nous ne sommes que des agriculteurs. Que suis-je face à un chirurgien qui sauve des vies ? »

En Provence, 29 Domaines, chacun illustré par une pleine page photo. Oui, Vignelaure est présent, comme Pibarnon, Roubine, Peyrassol, La Verrerie et le célébrissime Château d’Esclans de Sacha Lichine dont les crus valent plus de $ 100 sur le marché américain qui en raffole. Bref : il est, quelque part, la locomotive de l’appellation.

Et où on apprend que la famille Charmolüe, ex-propriétaire de Montrose, n’a pas pu quitter le monde du vin et exploite maintenant une propriété provençale à Romanin.

Et dix pages sur un de nos chouchous (avec Lascombes en AOC margaux) : Les Carmes Haut-BrionGuillaume Pouthierdifficile de le voir non sourire – fait exploser les compteurs avec ses derniers millésimes.

En finale, mentionnons l’éditorial de Jean-Paul Kauffmann qui donne son sentiment sur le mot « minéralité » : de quoi clore le sujet pour un bon bout de temps !

Bref : un n° 29 à mettre entre toutes les mains. Bravo à l’équipe qui dirige cette revue sous la houlette d’Orianne Nouailhac : ce n’est certes pas de la tarte d’éditer un tel sommet hagiographique dans le monde du vin, du Grand Vin, en France !

AOUST

CHATEAU MARQUIS DE TERME

VILLA BAULIEU

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