Gastronomie et livres de cuisine et de vins

Quiconque parcourt une librairie  en France ou même en Helvétie sera toujours étonné de l’importance du rayon « gastronomie » nettement plus important que celui des vins, pourtant lui aussi bien chargé !

La première remarque que l’on puisse faire est la proportion importante – et souvent discrète – des rééditions d’ouvrages anciens sous de nouvelles couvertures. Faut bien vivre, ma bonne dame !

La deuxième remarque est que l’édition qui se plaint régulièrement des faibles tirages et ventes de bien des ouvrages, n’a point de problème avec la gastronomie. De sérieuses études universitaires nous étudieront la chose sous peu.

La troisième remarque est le contraste saisissant entre les ouvrages de poids (au sens premier du terme) et les fascicules qu’on n’ose pas appeler « livres » tant ils ne contiennent que quelques recettes éculées, photos standard et détails des préparations aléatoires. Les prix vont de l’astronomique aux abordables à deux chiffres.

Surfant sur les émissions gastro qui essaiment dans bien des chaînes TV, l’amateur pressé peut quand même trouver de quoi préparer un dîner amical correct dans certains livres « simple ».

Enfin, les chefs dont on parle ici ou là, étoilé ou pas, sont régulièrement sollicités par des éditeurs voulant étoffer leurs publications dans ce domaine de la cuisine. C’est le moment de rappeler la très belle collection de Lebey qui garde toujours  son prix d’excellence. Troisgros, Haeberlin, Pic, Bocuse, Chapel (un seigneur), Guérard, Girardet, Blanc et tous les grands chefs du siècle dernier ont ainsi publié leurs recettes de tous les jours. Une collection de base pour tout amateur dont les sites de vente internet sont les meilleurs moyens d’acquisition.

Mais qu’en est-il des ouvrages du XIXème ou XXème siècle qui garnissent jalousement des bibliothèques de Chefs y puisant régulièrement des recettes qu’ils adaptent aux évolutions culinaires de notre temps ? A un moment où des esprits rapides croient en la fin du livre au profit de tablettes électroniques, peut-on envisager un avenir pour ces oeuvres qui restent, quand même, des bibles à fréquenter ?

Certes, refaire intégralement une recette de Nignon à partir du plus beau livre de gastronomie qui est l’Heptaméron des Gourmets (en photo du billet : l’édition rare de Morcrette travaillée avec Christian Ignace), c’est se lancer dans une certaine aventure comme l’a fait Alain Pégouret l’an dernier avec le célébrissime Oreiller de la Belle Aurore pour le repas annuel de l’Académie du Vin de France. Le succès de ce mets diablement compliqué a été total. Comme quoi…

OREILLER DE LA BELLE AURORE

version lyonnaise réputée

http://lyon-saveurs.fr/loreiller-de-la-belle-aurore-en-video-chez-reynon-traiteur-a-lyon/

Nignon9.jpg

Le sommet du livre gastronomique

On a aussi l’Ali-Bab, plus proche de nous, qui reste véritablement un ouvrage complet avec des recettes faisables … pour qui sait qu’en cuisine, il faut prendre son temps ! Pierre Perret vous le confirmera sans façon.

IMG_4731.jpg

Pourquoi un tel sujet sur ce blog ? Tout simplement pour vous dire d’acquérir ou de garder ces livres anciens car si les nouvelles générations ne s’intéressent pas – pour le moment – aux écrits imprimés, cela reviendra fatalement un jour – règle du pendule – comme les vinyls qu’on a bradé contre des CD et qui reviennent en force chez les disquaires.

ET DU COTE DES VINS ?

Là, vous avez une source exceptionnelle de rééditions dans ce qu’a fait Jeanne Laffitte à Marseille.

https://www.livre-rare-book.com//c/b/Laffitte

Pratiquement tous les livres essentiels sur l’histoire du vin ont été réedités par sa société. On en trouve parfois quelques copies à l’Athenaeum à Beaune :

https://www.athenaeum.com/

La référence absolue comme librairie « Bacchus & Comus ». Passer en Bourgogne sans y faire un tour, ce n’est pas un crime : c’est une faute !

Leçon du jour : ne jetez pas vos livres anciens : gardez les précieusement, les petits enfants de vos enfants vous remercieront !

Et idem pour vos tableaux d’époque 🙂

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1 Comment

  1. Un tableau qui nous remet en mémoire un passage du Lutrin de notre Maître Nicolas Boileau-Despréaux :

    Dans le réduit obscur d’une alcôve enfoncée
    S’élève un lit de plume à grand frais amassée :
    Quatre rideaux pompeux, par un double contour,
    En défendent l’entrée à la clarté du jour.
    Là, parmi les douceurs d’un tranquille silence,
    Règne sur le duvet une heureuse indolence :
    C’est là que le prélat, muni d’un déjeuner,
    Dormant d’un léger somme, attendait le dîner.
    La jeunesse en sa fleur brille sur son visage :
    Son menton sur son sein descend à double étage ;
    Et son corps ramassé dans sa courte grosseur
    Fait gémir les coussins sous sa molle épaisseur.

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