Pèlerinage en Helvétie, version valaisanne (1)

Invité par l’organisation des GLORIEUSES (http://www.lesglorieuses.ch/) afin d’exprimer une opinion sur quelques grands vins classiques du Valais, on reste étonné à la fois par  le côté sérieux de l’organisation et ses « à côté » conviviaux où la modestie côtoie la simplicité.

Certes, sur le parking, c’est préférable d’avoir une plaque VS que VD : les initiés comprendront. 🙂

Image du titre : comme un peu dans toute l’Europe, le gel a fait des ravages en Suisse… mais sans perdre un sens très local de l’humour valaisan.

Ce fut donc l’occasion de déguster de beaux crus en blanc comme en rouge et selon le sage principe de l’aveugle ! On vous donnera la liste complète des vins et appréciations dans un second billet traitant de cet événement.

IMG_4590.jpg

Liste des vins retenus

Ce qu’il y a de bien en Suisse et avec un fort potentiel pour une jeunesse qui aime apprendre et déguster des vins sortant de l’ordinaire, c’est que l’Helvétie a quelques nobles cépages uniques au monde : l’Arvine et son étoile : la Petite Arvine (blanc) et en rouge deux noms qui peuvent en émouvoir plus d’un : l’Humagne et le Cornalin.

Et en sus le Valais reste – ce n’est que mon avis – le petit paradis de la Syrah. Vous n’êtes pas convaincu ? Allez goûter la Syrah VV 2015 de la Maison Simon Maye. Je reprends le pari – un peu facile eu égard à la fameuse session du GJE – qu’à l’aveugle, cette cuvée sera dans un trio de tête. Le Rhône supérieur, comme on dit ici en Valais, reste un terroir qui magnifie ce cépage qui a tant de noblesse aussi dans le Rhône français.

Les organisateurs de cette dégustation

IMG_4596.jpg

Le Grand Jacques à droite qui est en train de développer quelques arpents pentus avec l’aide de Marie-Thérèse Chappaz. A gauche : Dominique Fornage.

Le petit drame de cette si belle région est le fait que tous ses grands vignerons n’ont pratiquement pas pu ou pas su se constituer une cave « bibliothèque ». Trouver de vieux millésimes, disons ayant 20 ans d’âge, c’est un exploit ! Mais quand on peut en déguster, quelle leçon ! Même le si simple Fendant peut prendre une dimension de respect et de silence.

Fendant.jpg

Millésime de ce Fendant : 1982 : aucune trace de fatigue !

Arvine.jpg

Une autre merveille : un vin impossible à boire pendant plus de 20 ans et qui s’est révélé inouï tout récemment : malheureusement, quantité microscopique : un peu plus d’une centaine de litres ! Mais quel sommet de la Petite Arvine !

IMG_4613.jpg

Un des grands autochtones : Raymond Paccot, vaudois quasi malgré lui, au Domaine de la Colombe (http://www.lacolombe.ch/home.asp)

Le lendemain, samedi 13, visite au Domaine Simon Maye qui est repris en mains par Raphaël Maye, bien décidé à poursuivre la politique qualitative de la Maison sur les quelques 11,5 hectares en vigne.

IMG_4700.jpg

Le gros là, à gauche : doit maigrir, fan de zou ! Oui, Jacky Rigaux et son fiston Charles étaient du voyage.

Les agapes faisant partie naturellement de ce type d’événement, elles se caractérisent par une grande simplicité – charcuteries et fromages du coin – mais d’une telle qualité ! Ci-dessous la carte des différents fromages proposés en raclette… pour un déjeuner qui s’est terminé à une heure espagnole : 16H00 !

IMG_4634.jpg

La carte des raclettes : un moment de haute gastronomie fromagère

Vous avez compris : la Suisse francophone du vin est une région où la convivialité prend tout son sens. On est fier des vins proposés mais toujours avec cette petite pointe inutile d’infériorité par rapport aux grands noms voisins italiens et français. Mais comment voulez vous mieux faire connaître de tels crus alors même que ce que vous pouvez proposer sur les marchés extérieurs est simplement ridicule en volume ? Là où les allemands ou autrichiens peuvent proposer des quantités suffisantes pour le coût de belles promotions, ici, c’est bien plus difficile d’autant plus que l’organisation au niveau national des opérations de promotion est encore en phase de constitution.

Il ne vous reste plus qu’à faire le voyage et soyez assuré d’être reçu avec générosité !

2 Comments

  1. Que des copains et des gens bien, ça fait plaisir de lire ça ! Tu vois quand tu passes nous voir, plus souvent que d’ordinaire, ça va toute de suite mieux… soit à c’qu’on t’dit !

    J'aime

  2. Tu peux pas savoir à quel point j’ai été impressionné par le côté direct et amical des gens présents, et toujours avec cette subtilité campagnarde des vignerons qui ont tous, dans leurs gènes une saine lecture innée de Clochemerle. Un ouvrage qui devrait être lu dans toutes les écoles primaires avec peut-être une petite censure sur Judith Toumignon dont je te rappelle ici, gamin, la description si juste de cette solide beaujolaise par le tout grand Gabriel Chevallier :
    « A propos de Judith Toumignon on peut sans crainte parler de chef-d’oeuvre. Sous les fascinantes torsades, le visage un peu large quoique bien galbé, aux mâchoires intrépides, aux dents irréprochables de mangeuse de bel appétit, aux lèvres fondantes et constamment humectées par la langue, s’animait de deux yeux noirs qui en rehaussaient encore l’éclat par opposition. On ne peut entrer dans les détails de ce corps trop capiteux. Les courbes en étaient calculées pour un infaillible circuit du regard. Il semblait dû à la collaboration de Phidias, de Raphaël et de Rubens, tant les masses en étaient modelées avec une absolue maîtrise, qui n’avait laissé nulle part d’insuffisance, mais très habilement forcé au contraire sur la plénitude, de manière à donner au désir des repères plus évidents. Les seins formaient deux promontoires adorables, et l’on ne découvrait partout que tertres, tremplins, attirants estuaires, ronds-points de douceur, monts et douces clairières, où les pèlerins se fussent attardés en dévotions, où ils se fussent désaltérés aux sources rafraîchissantes. Mais ces territoires foisonnants demeuraient interdits sans laisser-passer rarement délivré. Le regard pouvait les survoler, en surprendre quelque partie ombreuse, en caresser quelque sommet, nul ne devait s’y aventurer physiquement. Quant à la chair, elle avait une blancheur laiteuse et soyeuse dont la vue donnait aux hommes du GJE une voix rauque et l’envie de commettre des actes insensés. »

    Bon, on a juste ajouter le mot GJE à l’intention du Grand Jacques 🙂

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s