Vega Sicilia

Vega Sicilia fait partie des domaines mythiques européens qui sont dans les mêmes familles depuis des générations, Association dont le nom est :

Primium Familiae Vini (http://www.pfv.org/en/)

Photo du billet montrant le coffret des crus illustrant les membres de cette association.

L’UNICO, cru de référence de cette propriété qui met quand même sur le marché, avec ses autres domaines, plus de 1,5 millions de bouteilles (UNICO = ± 100.000 cols) est un vin faisant partie des rarissimes bouteilles restant 10 ans en cave avant d’être proposées aux amateurs.

Lors d’un dîner chez Zuberoa (une maison de classe à Oiartzun, pays basque), nous avions pu en déguster en 2008, avec le Franzele et Laurent Vialette, deux millésimes d’UNICO : le 1998 et le 1966.

Voilà une partie du compte-rendu écrit sur mon ancien blog le 20 septembre 2008 :

« Que dire sur VEGA SICILIA ? D’abord, les deux bouteilles étaient parfaites. A une époque où on a trop eu tendance d’aimer les vins particulièrement charnus et voluptueux en veux-tu en voilà, ce cru mythique a su garder son style intemporel tout en finesse et en harmonie, avec une finale assez unique dans le monde des grands vins rouges. Une subtilité rarissime qui force le respect et le silence. Pas de doute : c’est un chef d’oeuvre. Quelle classe ! Rien qui dépasse, tout qui se fond. Du Monet en bouteille. Que dans un tel pays chaud (nous avions visité le domaine en rentrant de la session du GJE au Portugal cet hiver) on trouve à quelques kilomètres l’un de l’autre ce vin absolument unique et l’énorme et transcendant cru de Peter Sissek, complètement d’un style opposé, Pingus, il y a de quoi se poser des tas de questions sur les méthodes employées ici et là, sans oublier le rôle probablement essentiel du tempranillo, cépage plus que fascinant.

Très certainement, le fait que Monsieur Pablo Alvares ne mette ses vins sur le marché qu’après une longue retraite de dix ans dans ses caves joue un rôle majeur dans ces bouteilles qui arrivent chez l’amateur prêtes à être dégustées.

Sans méconnaître les énormes contraintes financières que cela représente, on se prend à rêver que nos premiers crus classés fassent de même.

Mais le ponpon : en Espagne, en cherchant bien, notamment à Valladolid, on trouve cet UNICO autour de € 150/180 alors que dès qu’il passe les frontières, dans le meilleur des cas, il double sa valeur. Vous me voyez venir : cela vaut absolument le voyage et tout amateur de grand vin se doit d’y aller au moins une fois dans sa vie, comme l’amateur de Parsifal se doit d’aller une fois à Bayreuth.

Quand on constate l’inflation affolante des crus bordelais, on se dit qu’il est temps, vraiment temps, de diversifier sa cave en y mettant soigneusement quelques bouteilles de ce monument national espagnol. Un pur vin d’émotion qu’il faut déguster tranquillement, en silence, en l’écoutant, en le respectant, en l’aimant. Ce fur un moment magique et le 1966 était d’une telle fraîcheur qu’on peut être certain que d’ici dix ans, vingt ans, il saura encore procurer des sensations absolument uniques.

Si avec tout cela vous ne pensez pas qu’il est temps d’en chercher, c’est que vous n’êtes pas sur le bon blog !

Oui, trois fois oui, ce vin fait partie du véritable gotha des plus grands vins rouges de cette planète : cela ne souffre aucune discussion !  »

Donc hier, nouvelle visite au Domaine pour l’organisation de dégustations aux prochains VDEWS : cette année une petite verticale de VALBUENA, un autre cru du Domaine et l’an prochain, pour notre dixième anniversaire, tentative d’une verticale historique de l’UNICO avec, pour le dîner du samedi soir, OREMUS, la propriété en Tokaj de la Famille Alvares.

Le trajet entre l’aéroport de Madrid et Valbuena de Duero est plus qu’étonnant. On ne compte plus les panneaux indiquant la limite de 120 km/h sur l’autoroute, mais surtout, dès qu’on arrive en paysage de vignes, on reste frappé par le développement foliaire, pratiquement invisible alors même qu’à Ausone, on a déjà de superbes feuilles vertes, bien développées lesquelles, dues à leur emplacement, n’ont pas connu le terrible gel de la semaine dernière constaté dans la plaine de Saint-Emilion et ailleurs sur le plateau.

IMG_2128.jpg

En route vers Valbuena de Duero : des terroirs et des plantations diverses

vignes.jpg

Pablo Alvares évoque le gel de ces derniers jours où certaines zones ont connu jusqu’à – 9° ! Sur ses terres, ce fut quelques parcelles à – 4°.

Etonnant de constater une telle situation là où, géographiquement, on peut bêtement – comme dans mon cas – , croire que le développement de la vigne est en phase avec sa position géographique : que nenni Père Mauss, que nenni !

La bonne nouvelle, quand même : comme dans les autres pays européens, on est très content des millésimes 2015 et 2016. Voilà un duo dont on parlera avec respect encore dans 50 ans !

Un commentaire

  1. Dans Sud-Ouest de ce samedi 6 mai, une pleine page sur les propriétés de la Famille Vauthier et le rôle croissant de Pauline Vauthier (qui a aussi deux soeurs et un frère).

    http://www.sudouest.fr/2017/03/22/saint-emilion-avec-sa-jeune-patronne-le-chateau-ausone-change-d-ere-3413859-2780.php
    Un changement tranquille et doux de générations mais toujours avec cet esprit du travail, du respect du terroir et du but d’un Grand Vin : être dégusté et non gardé en outil de spéculation par quelque négoce ou caviste.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s