Le Club Grand Cru au Park Hyatt Vendôme

Toute belle soirée parisienne autour de Grands Vins de Jean-Marie Raveneau et du Marquis Piero Antinori, sans oublier un magnum de Roederer qui reste une des références intemporelles de la Champagne.

Rappelons que le but de ces dîners limités à 36 couverts est de mieux faire connaître un Domaine non français et dont le propriétaire ou le directeur choisit une AOC française dans la couleur opposée.

Hier soir, ce fut donc le Marquis Piero Antinori qui nous proposa 3 de ses crus toscans :

Tignanello 2004

Guado al Tasso 2007

Solaia 2001

… et son choix français s’était porté sur l’appellation Chablis pour laquelle, Philippe Bourguignon, grand connaisseur devant l’éternel de cette région, nous avait introduit au Domaine de Jean-Marie Raveneau, la référence incontestable et incontestée en la matière.

Ce furent donc les 3 crus suivants :

Chablis 1er cru « Butteaux  » 2014

Chablis 1er cru « Montée de Tonnerre » 1991

Chablis 1er cru  » Butteaux » 1986

Le chef Jean-François Rouquette (* Guide Rouge) avait composé un menu adéquat :

Assortiment de bouchées chaudes et froides

Langoustine des iles du Levant rafraichis , nage réduite parfumée au fenouil sauvage & citron caviar

Noix de St jacques , velouté de cresson au beurre noisette & sauge moutarde

Agneau Allaiton de L’Aveyron , épaule confite aux aromates & fleurs de capucine

Saint-Nectaire fermier

Finger chocolat grand cru & lacté Jivara aux noisettes du Piémont

Le sieur Bobosse, sur son propre blog (http://lacavedebobosse.blogspot.fr/) exprimera ses impressions sur ces mets bien mieux que ma pomme qui s’est contentée sans aucun complexe, de bien nettoyer ses assiettes goûteuses à souhait.

Une petite nouveauté : l’équipe de cuisine vient en salle pour préparer les mets à servir :

Parlons des Chablis.

Si chacun sait que le vin est un bien qui a une véritable vie dans le temps, avec les crus du Jean-Marie, on en a une démonstration époustouflante. Seuls quelques pointures de tout haut niveau peuvent avoir la capacité de ressentir le potentiel d’un vin dans ses jeunes années, et en aucune manière je ne fais partie, de près ou de loin, de ces pointures.

Mais quand on constate lors d’une même soirée un cru comme le BUTTEAUX à sa quasi naissance (2014) et ce qu’il peut advenir 30 ans après (1986), on reste sans voix. Certes, les conditions climatiques de ces deux millésimes ne furent point les mêmes, certes pour le 1986 il y eut, comme nous l’a expliqué Philippe Bourguignon, quelques barriques neuves qui ont eu la chance folle d’honorer certains crus du Domaine, il n’empêche : avec les années, le vin développe des saveurs, une longueur, un velouté, une race, une complexité qui laisse sans voix. Une beauté totale intransigeante et qui n’est pas du tout dans une quelconque phase vieillissante.

Achtung hein ! La MONTEE DE TONNERRE 1991 avait également une palette aromatique bien à soi, différente, et ce cru a même eu la préférence de quelques convives. A jeun, en petit-déjeuner, très probablement une des plus belles approches de sourires retenus qu’on puisse avoir de cette magie entre une terre et l’homme qui en prend soin.

Un grand merci au Jean-Marie qui s’est séparé, non sans douleur cachée, de ces flacons d’anthologie sagement domiciliés à la propriété pendant ces longues années d’évolution.

Qu’il soit rassuré : ses vins ont été applaudis « cum laude« .

Parlons des toscans

Voilà 3 crus, dans différents millésimes, qui ont montré à la fois un style propre aux vins Antinori (élégance, une certaine douceur en finale, un développé en bouche harmonieux) et des complexités différentes apportées par les terroirs et les assemblages.

Le TIGNANELLO est le plus facile à trouver eu égard à une production confortable. Il a ce caractère si particulier du sangiovese, cépage un peu espiègle, quand bien même il est associé ici à du cabernet. 12 mois de barriques et 12 mois en bouteille avant d’être mis sur le marché. Un des meilleurs RQP de la catégorie : souplesse, aisance avec une variété de mets, l’exemple parfait de ce que j’appelle un vin « solution ».

Le GUADO AL TASSO fait partie des grands noms de la DOCG Bolgheri avec naturellement Sassicaia, Masseto, Ornelaia, Grattamacco. Les amateurs savent à quel point cette dénomination partie de rien dans les années 60 suite à l’initiative du Marquis Incisa della Rocchetta est devenue le plus grand nom des vins transalpins avec les Brunello di Montalcino (des toscans) et les Barbaresco & Barolo des Langhe au Piémont. La propriété est magnifique. Et si mes souvenirs sont bons, il y a là un élevage de cochons dont les jambons font référence.

J’aime ce vin qui ne m’a jamais déçu. Bien sûr, il n’a pas la force d’un Masseto mais en fait il ne cherche pas à singer ce voisin singulier. On reste là encore dans la philosophie Antinori, à savoir proposer des vins s’associant parfaitement avec de belles cuisines et sans prétendre gagner des concours bodybuildés. Un vin de convivialité de haut niveau.

Le SOLAIA fait incontestablement partie des 10 plus grands vins rouges italiens et s’est installé sans brutalité dans le gotha des meilleurs vins rouges au monde. Elevé sur la même propriété que le Tignanello, mais sur un terroir spécifique, il reste un vin d’assemblage type bordelais. Sa palette aromatique est souvent très « prune » et le nez ne manque jamais d’un discret mentholé. Un vin fascinant qui peut tenir la dragée haute devant bien des classés bordelais.

Avec ses trois filles ayant chacune un prénom commençant par la lettre « A », le Marquis Piero Antinori continue d’être un investisseur-vigneron parcourant le monde. Des expériences en Amérique, nord et sud, un nouveau village oenologique en Toscane mais sans jamais oublier de recevoir ses hôtes à la Cantinetta qui se trouve à l’entrée du Palazzo Antinori à Firenze.

Si je vous dis qu’on y trouve, dans cette petite auberge florentine, de loin la meilleure « Tagliata« , ces fines tranches de boeuf rôti avec rucola ou roquette et parmigiano et avec l’olio Antinori, pouvant être accompagnées d’un des nombreux crus de cette famille dont les racines prouvées remontent à l’an 1340, cela doit mener vos pas automatiquement à cette adresse sise à quelques pas du Duomo. Un must pour tout sybarite digne de ce nom.

Bref, toute belle soirée, ambiance al livello.

Prochaine réunion : le 17 mai avec Jean-Pierre Perrin et quelques millésimes en blanc de Beaucastel et Huber, un vigneron teuton dont les Spätburgunder (pinot noir) sont probablement la plus sympathique expression de ce cépage outre-Rhin.

Hors sujet, quoique …

Ne pas oublier communier avec Voutch, là :

http://voutch.blog.lemonde.fr/2017/03/28/trichopteres/

 

2 commentaires

  1. Très belle soirée hier : une grande table, de grands vins, des esprits éclairés – accessible au beotien que je suis – dignes du siècle des lumières, le tout orchestré de main de maître par le Président Mauss. Il ne manquait guère qu’une soliste au piano pour boucler le cercle parfait.
    Merci François de cette opportunité : le bonheur est transmissible.
    Bruno

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  2. On connaît mon leit-motiv : la vie est courte et donc savoir choisir ses invités ou amis, c’est la clé indispensable au succès des opérations !
    Merci d’être venu et d’avoir pu cotoyer Etienne Klein et Antoine Petit deux fous-dingues de challenges physiques, type marathon ou tour du Mont-Blanc alors que nous ne sommes que de sages piétons.

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