Des modes dans le vin ?

Photo du sujet : la carte des vins du restaurant UNIVERRE à Bordeaux qui est un reflet de première qualité des vins qui intéressent le monde des amateurs.

est difficile à partir de points de vue personnels d’en tirer des conclusions collectives.

Il est aussi évident que dans la vie d’un amateur, on constate des évolutions dans les préférences. Mais si on entend ici et là, par d’autres amis amateurs, l’expression de choix équivalents et d’appréciations marquées par une dominante, on n’est plus loin d’une tendance pendulaire.

Un récent passage à CAVE SA à Gland chez Jacques Perrin et Nicolas Herbin où furent évoqués la recherche de vins aux fruits marqués, fut l’occasion de faire connaissance avec des crus où le fruit est là, direct, plein, complet, avec cette facilité supplémentaire de pouvoir les apprécier en pleine jeunesse. Ainsi d’un Cahors :

IMG_4159.jpg

Un vin sans prétention excessive, mais qui correspond plus que correctement à ce qu’on attend d’un vin sur le fruit. L’étiquette est clair sur ce point 🙂

Notre référence restera – surtout pour son RQP (Rapport-Qualité-Prix) – le Première Vendange de Marionnet, un gamay magnifique capable de garder son fruit de longues années.

On sait que la Bourgogne offre avec ses grands pinots noirs de multiples exemples, allant de simples « village » à bien des Grands Crus comme les sublimes La Tâche et autres Frédéric Mugnier. Mais il y a aussi des Barbaresco, des Brunello comme Poggio di Sotto, des Blauburgunder comme les crus de Martin Wassmer ou de Huber, ou la cuvée Cayas de Germanier en Valais, sans oublier les tout grands Rayas d’Emmanuel Reynaud.

Clairement, si mode il y a dans cette recherche de vins sur le fruit, elle trouve actuellement dans toutes les régions vinicoles des producteurs sensibles à cette recherche de bien des amateurs.

On va répliquer que certes, c’est bien beau tout ça, mais quid de la capacité de ces vins d’être ce qu’on appelle des « grands vins », à savoir des vins capables d’avoir une évolution temporelle majeure, disons plusieurs décennies et capables d’offrir alors des émotions de premier ordre ?

La question reste un chouilla théorique dans la mesure où, on le sait, les vins sont consommés bien plus rapidement dans la mesure où finalement peu d’amateurs peuvent bénéficier de caves adéquates telles que les possédaient nos anciens.

Disons sur ce point que les plus belles signatures bourguignonnes nous offrent des sommets où le fruit est toujours présent après 10 ou 20 ans comme ce fut le cas récemment lors d’un dîner amical avec une Tâche 1996, simplement éblouissante de jeunesse avec un fruité absolument stupéfiant. Lire le rapport d’Oliv :

http://lapassionduvin.com/forum/degustations-eclectiques/34571-un-dejeuner-au-laurent-on-est-jeunes-on-est-beaux-et-on-s-aime?start=30#978047

Bordeaux – toujours plus lent à démarrer – a bien compris cette évolution et, sans l’avoir dégusté pour le moment, le Mouton-Rothschild 2004 a marqué les professionnels en ce sens, à lire leurs commentaires.

Autre élément moteur de cette évolution : les jeunes générations sont bien plus ouvertes à taster des nouveautés, à papillonner ici et là, à tester des vins venus d’ailleurs et toujours avec l’espoir d’y trouver des plaisirs, des émotions simples à comprendre, à ressentir. Les cavistes et autres bars à vin ont bien compris la chose et les restaurants ne sont pas en reste à proposer des crus à deux chiffres, les trois chiffres se vendant bien plus difficilement.

Peut-on associer à cette prédominance de la recherche du fruité la montée des vins bio ? Il est peut-être trop tôt pour l’affirmer nettement mais sans doute qu’il y a là matière à réflexion.

Une chose est évidente : on n’a jamais eu dans l’offre exponentielle de vins autant de crus capables d’offrir le fruit direct, net, reconnaissable aussi bien par l’amateur débutant que par le professionnel.

C’est un « plus » qui ne pourra qu’amener au monde du vin les jeunes générations n’ayant pas eu l’éducation idoine en famille ou moins sensibles à la priorité aux grands noms… devenus assez souvent inaccessibles alors même qu’on est là avec des chefs d’oeuvre évidents ?

On travaille sur un projet pour pallier à la chose 🙂

14 Comments

  1. Nous sommes d’accord mais il se trouve que le propriétaire de MABULLE, Vincent Ducros, a décidé d’arrêter cette activité et donc je me suis trouvé quasi nu pour repartir sur une autre plate-forme.
    J’ai choisi WordPress car je crois quand même que cette plate-forme, quand je l’aurai quasi maîtrisée, sera satisfaisante pour les lecteurs exigeants comme vous.
    Bref : merci m’accorder une bonne indulgence.

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  2. Bon pour remonter le moral du taulier:
    Metz vient d’être reconnue plus belle gare de France
    Ps: on pallie quelque chose, on ne pallie pas à quelque chose, faut serrer les boulons dès le départ

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  3. Merci Pierre de cette leçon de grammaire. On va tâcher de faire gaffe.
    Sacré Jean-Luc : nous étions une table de 13 amateurs et je n’étais point le seul à être simplement fasciné par cette Tâche 1996, d’une jeunesse inouïe, avec un tel éclat de fruit qu’on en est resté tous bouche-bée. Lis le rapport d’Oliv sur ce dîner : le lien est dans le texte 🙂
    Mais en même temps, je n’oublierai jamais les qualités, dans ce sens, que mérite Pape-Clément 1986 : un pur chef d’oeuvre bordelais, une référence incontournable, un sommet.
    On a la chance folle d’avoir, depuis des décennies, depuis des lustres une approche du vin qui nous a permis de côtoyer des médiocres, des bof-bof, mais aussi des sommets. L’essentiel est de toujours garder une âme neuve et de ne jamais hésiter à s’enthousiasmer pour ce qu’ont réussi des vignerons de référence dont on n’oubliera jamais la somme de travail et de modestie qu’ils ont mis pour nous offrir ces beautés de convivialité et de culture. Le vin ne peut pas n’être qu’un produit alimentaire : on se doit de ne jamais oublier ses dimensions si particulières d’histoire et de culture. Et bien trop de gens, bien trop de producteurs oublient souvent cet aspect si fondamental.

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  4. Merci.
    Manifestement en l’état des choses, la présentation est brute de fonderie. J’espère rencontrer assez vite un utilisateur aguerri de WordPress pour me donner quelques conseils, histoire d’améliorer la chose.

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  5. Merci de ce lien et présentation de ce nouvel outil. En fait, il y a actuellement pléthore de propositions d’ustensiles destinés au monde du vin.
    Mais trop souvent, je fais la moue, car il s’agit presque toujours d’outils chichiteux, destinés à préserver on ne sait trop quoi, alors même que le but d’un bon vin est d’être bu généreusement et en convivialité.
    Certes, ouvrir un grand nom qui a coûté bonbon alors même qu’on sait que la bouteille ne sera pas achevé, c’est chercher comment préserver une certaine quantité pour plus tard. On est dans le trouble principe chiraquien « Précaution » alors même qu’il y aurait un certain panache à accepter le risque, la fin de vie glorieuse de cette bouteille au lieu de laisser des goutes orphelines bien tristounettes.
    Bon : restons sage : disons que ce type d’outil peut servir à des professionnels comme certains cavistes ou cabinets d’analyse oenologique.

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  6. Cher François,
    juste une petite question informatique technique ;: je n’arrive pas,à créer un flux RSS sur ce blog alors que je le pouvais sur l’ancien site…
    Bacci
    JC

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